Société

Togo / « PND ou Plan privé de développement à l’avantage d’une minorité ? », s’interrogent deux universitaires

Credit photo Twitter @FEGnassingbé

C’est en grandes pompes que le Plan National de Développement (2018-2022) fut lancé le 4 mars dernier dans le somptueux cadre de l’hôtel du 2 Février. Pour le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé, ce programme de développement « porte de grandes ambitions et est formulé dans une démarche inclusive et cohérente, dont la trame demeure la recherche de meilleures conditions de vie pour les populations ». Cependant, le PND suscite depuis son lancement des réactions contradictoires. Pendant que certains y voient la solution à tous les maux qui minent le Togo, d’autres parlent déjà d’un énième plan mort-né. Les universitaires Maryse Quashie et Roger Folikoue ont également effectué leur analyse du PND 2018-2022 dans leur tribune hebdomadaire.

Intitulée « Le PND, un nouveau mythe au Togo », la tribune coécrite par ces deux enseignants de l’Université de Lomé et acteurs de la société civile relève plusieurs interrogations à propos du Plan National de Développement (PND). Concevoir un plan de développement en vue de la croissance économique et du bien-être des citoyens d’un pays demeure une excellente initiative en soi, reconnaissent-ils. Toutefois, « si le plan avait réellement pour bénéficiaires les populations, pouvait-il se construire sans un large débat public antérieur sur les besoins et les priorités de notre pays ? ». Pour ces deux universitaires, il serait difficile pour les populations de s’approprier d’un plan qui, malgré son urgence, apparaît plutôt comme l’outil d’un parti dans un espace politique au moment où l’on revendique en même temps la démocratie en vue d’un mieux vivre-ensemble. Et, le tour PND serait-il un simple « folklore » organisé afin d’avoir l’onction qui manque, ce qui indique déjà un sort identique à celui des précédents plans ? A propos des programmes antérieurs, notamment le DSRP (Document complet de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) et la SCAPE (Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi), « où se trouvent la croissance accélérée et la promotion de l’emploi dans notre pays où le chômage a augmenté et où la misère est devenue, même dans la ville de Lomé, l’étoffe de la réalité quotidienne ? », questionnent Maryse Quashie et Roger Folikoue.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les deux universitaires se demandent comment croire en un plan conçu unilatéralement par le gouvernement sans la moindre implication des bénéficiaires et qui emprunte les mêmes voies que les précédents. Loin d’être pessimistes et de peindre le PND complètement en noir, ces deux acteurs de la société civile disent se placer simplement dans une dynamique d’analyse. « (…) Il s’agit de questionner une pratique qui ne peut plus convenir si on veut vraiment être un pays émergent et surtout si on veut faire de la politique autrement pour le bien de tous les citoyens. Car si les plans poussent comme des champignons sans de réels résultats, ils ne font qu’augmenter le nombre de pauvres dans notre pays pour faire accroitre l’étendue des biens de la minorité ; celle-ci, par contre ne cesse de s’enrichir par faute de garde-fous limitant les pillages, la corruption et les détournements de fonds. (…) A moins que le PND ne cache le plan déguisé d’un parti qui lance sa campagne… », lit-on dans la tribune.

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