Politique

« Les élections du 20 décembre risquent d’aggraver la situation du Togo », André Kangni Afanou

André Kangni Afanou

La tension devient de plus en plus grandissante dans le pays face à la poursuite du processus électoral. D’un côté, la coalition des 14 appelle la population à faire échec à ces élections et de l’autre côté, le gouvernement n’a que faire des appels au report des élections. Afin d’éviter que la situation ne dégénère, l’ancien directeur exécutif du CACIT, André Kangni Afanou lance un appel au gouvernement. Voici sa réflexion sur le sujet !

Qui donc peut parler et amener les autorités togolaises à revenir à la raison ? Qui pour leur faire comprendre que les « élections » programmé pour le 20 décembre 2018 :

1- NE SONT pas conformes à la Feuille de route de la CEDEAO: cette institution avait clairement suggéré (a) des mesures d’apaisement, (b) des réformes pour clarifier le jeu électoral, (c) des élections pour mesurer le poids réel de chacun des partis politiques animant la vie du pays;

2- NE PEUVENT en rien résoudre la profonde crise que traverse ce pays depuis plusieurs années et qui s’est exacerbé depuis août 2017 ?

3- SONT EN TRAIN de mettre à mal la cohésion et stabilité du pays? Il y a un vrai risque d’affrontement dans le pays et cela ne peut qu’inquiéter les personnes éprises de paix; à force de donner l’impression de vouloir réprimer et faire taire toute opinion dissonante, les plus modérés risquent de devenir radicaux.

4- RISQUENT d’aggraver la situation du pays: il existe un lien fort entre la situation économique et la stabilité politique. Les rares acquis actuellement risquent d’être mis à mal; et cela n’augure rien de bon pour le développement économique pourtant souhaité par tous les Togolais;

5- SONT TRÈS LOIN d’offrir les garanties réelles d’équité, de démocratie et de transparence. En effet, presque toutes les institutions impliquées (Commission Électorale, Cour Constitutionnelle, Haute Autorité de l’Audio Visuel et de la Communication) dans ce processus sont à la solde du pouvoir en place;

6- RISQUENT DE RÉDUIRE la qualité des débats au sein du Parlement qui serait installé. En amont, en effet, la compétition a exclu une bonne partie des partis politiques les plus représentatifs du pays, ce qui aura un impact sur la qualité ds hommes et des femmes qui siégeraient au sein de l’hémicycle.

7- ENFIN, donnent de mauvais signaux à la jeunesse: l’entêtement et le refus d’écouter les conseils, y compris des leaders religieux, serait une vertus. L’utilisation de la force pour faire prévaloir ses idées serait promue. Éliminer ses adversaire au lieu de compatir avec eux dans un jeu loyal serait privilégié. Or, nous sommes loin, très loin de vouloir pareille société.

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Umalis