Société

Débat citoyen / « La réalisation des réformes au Togo dépend de la volonté d’une seule personne », Dany Ayida

La salle Hibiscus de l’Agora Senghor de Lomé a abrité hier un débat citoyen axé sur le thème : « Réussir les réformes politiques et rompre avec la longue crise au Togo ». Des acteurs de partis politiques et de la société civile, des personnalités traditionnelles et religieuses ainsi que des citoyens épris de paix et de démocratie au Togo ont pris part à cette rencontre.

Pour Dany Ayida, Spécialiste des questions de gouvernance démocratique en Afrique et auteur de l’essai Togo, prix de la démocratie, la crise politique qui semble durer une éternité dans notre pays tire son origine du système politique « patrimonialisé ». Si les réformes sont devenues une exigence incontournable dans la crise que vit le pays, c’est parce qu’il y a urgence « d’adapter les institutions de la République aux normes de l’Etat de droit », explique Dany Ayida. « Qui au Togo peut permettre que les réformes aient lieu ? », a-t-il interrogé dans sa communication.

Pour ce militant des droits de l’Homme, « une seule personne a cette capacité : Faure Gnassingbé. Il ne manque que la volonté à notre Chef d’Etat (…) ». Dany Ayida trouve que « Faure Gnassingbé ne s’implique pas suffisamment dans la résolution de la crise togolaise qui, a malheureusement pris une orientation électorialiste ». Pour lui, il faut « engager un processus politique démocratique ouvert, mettre en place un dispositif de pilotage des réformes incluant tous les acteurs, réaliser les réformes au moins 6 mois avant 2020 avec l’accompagnement technique des organismes internationaux ». « Réformer veut dire déverrouiller l’Etat et aider les Forces Armées Togolaises à sortir de la vie politique du pays », insiste Dany Ayida.

Dans sa communication, le Père Pierre Chanel Affognon, Porte-parole du mouvement des forces vives « Espérance pour le Togo », indique que seules les réformes peuvent être « le moteur d’un renouveau social et politique ». Des élections sans réformes seraient des « bombes à retardement pour de nouvelles crises. Ce que le peuple demande, ce ne sont pas les élections mais les réformes. Et, je renvoie à la feuille de route de la CEDEAO. Il faut que les citoyens togolais fédèrent leurs énergies pour exiger la mise en œuvre des réformes. Car, on ne peut discuter du sort des fils et filles du Togo en laissant de côté les premiers concernés. Au cas où les politiques échouaient dans la mise en œuvre des réformes, le peuple doit être prêt à prendre en main son destin ».

A travers les contributions et questions qui ont suivi les communications des deux conférenciers, les participants ont exprimé leurs désirs de voir le Togo entrer dans une nouvelle ère de démocratie après cette crise sociopolitique.

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