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Espionnage de Pékin : Le Togo, a-t-il des raisons de craindre pour ses secrets d’Etat ?

Ne dit-on pas que « celui qui détient l’information, détient le pouvoir » ? A l’ère de l’évolution fulgurante des technologies de la communication et de la globalisation, l’espionnage est devenu un sujet d’actualité et peut être considéré comme le côté malveillant de la médaille. Quand le journal Le Monde a révélé que le siège de l’Union africaine (UA) aurait été espionné par la Chine depuis 5 ans, cela a eu l’effet d’une douche froide sur les présidents africains. Et pourtant… Même si cette information a été démentie par l’accusée, cela suscite d’autres interrogations encore plus pertinentes.

Le Togo, enfant chéri de la Chine

Lomé s’est toujours vanté d’avoir avec Pékin des relations privilégiées d’amitié sincère. En retour, la puissance chinoise le lui rend d’ailleurs bien. A l’occasion du 35ème anniversaire de la coopération Chine-Togo, la Chine a annulé une partie de la dette du Togo. Au nom de l’amour sino-togolais, plusieurs autres « faveurs » ont été également accordées au pays de Faure Gnassingbé. D’ailleurs, le palais où les affaires importantes de l’Etat togolais se discutent a été « une œuvre humanitaire de la Chine« . Gracieusement offert par Pékin, le symbole de la magistrature suprême du Togo aurait coûté près de 8 millions de dollars, frais entièrement pris en charge par la Chine. Les autorités chinoises sont-elles aussi inconséquentes pour débourser une aussi belle somme sans rien gagner en retour ?

Comme si cela ne suffisait pas, le nouveau siège de l’Assemblée Nationale togolaise en construction sera également à l’« effigie » de la Chine, entièrement financé à plus de 10 milliards de FCFA. Le Parlement et la Présidence, les deux plus grandes et stratégiques institutions de la République togolaise, constituent des dons de la puissance chinoise après plus d’un demi-siècle d’indépendance…

Construit par des entreprises chinoises et inauguré en 2000, le stade de football de Kégué a besoin d’être rénové 18 ans après. Voilà un autre grand chantier confié aux partenaires chinois, à quelques mètres seulement du chantier du nouveau siège de l’Assemblée nationale. Conçus de manière que seuls les Chinois sont en mesure d’intervenir en cas de panne, ces bâtiments (Présidence du Togo, Siège de l’Assemblée Nationale togolaise, Stage de Kégué) impliquent une dépendance du Togo vis-à-vis de la main d’œuvre chinoise.

La Chine, un généreux donateur avec une épée dans le dos ?

Et si la présidence togolaise était mise en écoute par les Chinois? Avec un système informatique quelque peu défaillant, « prendre contrôle » du Togo ne serait pas bien difficile pour la Chine qui a été soupçonné d’espionner les Etats-Unis, une si grosse puissance informatique. D’ailleurs, bien de matériels informatiques et de systèmes de réseaux de télécoms utilisés au Togo, n’ont-ils pas été fournis pas Pékin ? Rappelons que la Chine avait offert en fin d’année 2013 des matériels informatiques et bureautiques d’une valeur totale estimée à 10 millions de francs CFA au ministère des Affaires étrangères du Togo.

En outre, la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC) a également bénéficié des largesses de la Chine en matière d’équipements informatiques. Le Projet « e-gouv » n’a été possible que grâce à un prêt de Exim Bank de Chine à hauteur de 13 milliards de francs CFA et à l’expertise chinoise.

Ainsi, au nom de l’amour et de la confiance entre les deux Etats, le Togo confie la plupart des marchés de travaux publics à son « bienfaiteur » et l’introduit dans les « couloirs » qui normalement devraient être fermés au nom des principes de sécurité d’Etat. Même si ces hypothèses s’avéraient infondées et qu’une base d’honnêteté caractérise la coopération sino-togolaise, en diplomatie, la vigilance doit être plutôt de mise.

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Umalis