Sécurité

Accidents de circulation en hausse : Qu’aurait le Togo à gagner en les réduisant ?

Selon les chiffres fournis par le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, le bilan des accidents de circulation durant l’année 2017 fait état de 5.181 cas d’accidents, 8 624 blessés et 580 morts. Une augmentation de 7% par rapport aux chiffres de l’année 2016. Au-delà des pertes en vies humaines, c’est l’économie du Togo qui reçoit un coup dur.

Selon une étude de la Banque mondiale, financée par l’organisation Bloomberg Philanthropies, les accidents de circulation avec son lot de décès et de dégâts matériels sont intimement liés à la santé économique des pays à revenu faible ou intermédiaire. En effet, le rapport « The High Toll of Traffic Injuries: Unacceptable and Preventable » établit une relation de cause à effet entre l’économie et la sécurité routière. Sur la base de chiffres, ce nouveau travail de recherche démontre qu’en investissant pour renforcer la sécurité routière, un pays investit de même dans son capital humain. Selon des estimations, un pays qui n’investit pas dans la prévention des accidents de circulation perd entre 7 et 22 % du PIB par habitant sur une période de 24 ans.

Au Togo, plus de la moitié de jeunes travailleurs ont un moyen de déplacement personnel (vélo, moto ou voiture). Ne perdons pas de vue le fait que ces engins circulent sur nos routes sans aucune maîtrise du code de la route par une grande majorité des usagers. Il en découle l’importance de penser à rendre obligatoire les formations de sécurité routières pour tous les usagers de la route, essentiellement les conducteurs d’engins à 2 roues qui sont les premiers victimes de ces accidents de circulation.

Par ailleurs, il faut un renforcement adéquat des mesures de gestion et de réglementation en matière de sécurité routière dans le pays. La mortalité sur les routes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire semble être en quelque sorte un fléau social. N’est-ce pas la jeunesse essentiellement qui en paie le plus lourd tribut ? Vu sous cet angle, les accidents de la route ont pour conséquence directe de priver le pays des perspectives de croissance à moyen et long terme parce que cette insécurité routière fauche au sein de la population des adultes dans la fleur de l’âge qui sont censés soutenir la productivité.

Sur la base de données détaillées sur les décès et les indicateurs économiques de 135 pays, l’étude estime qu’une réduction de 10 % de la mortalité routière entraîne en moyenne une augmentation de 3,6 % du PIB réel par habitant sur une période de 24 ans. Par conséquent, des mesures doivent être imposées pour soutenir la politique de promotion de la sécurité routière : contrôle des limitations de vitesse, la non-conduite en état d’ébriété, la généralisation du port de la ceinture de sécurité et du casque, l’interdiction de surcharge dans les transports en commun, campagnes de sensibilisation de la population.

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Umalis