Jeunesse et emploi

Togo / « 20% des marchés publics aux jeunes entrepreneurs ? » : Discrimination positive selon Gerry Taama

Dans son message de vœux à la nation togolaise le 3 janvier dernier, le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé dit prendre des dispositions afin que « 20% des marchés publics » soient dorénavant accordés aux jeunes entrepreneurs togolais. Entrepreneur de nature et politicien par passion, Gerry Taama, président du NET (Nouvel Engagement Togolais) juge cette mesure de « discrimination positive pour les jeunes entrepreneurs », pourquoi donc ?

Avant de décrypter cette proposition du Président de la République, Gerry Taama a mis sa casquette d’opérateur économique. Il fait un argumentaire en trois (3) points pour s’expliquer. « Pour l’opérateur économique que je suis, très sensible à la problématique de l’emploi des jeunes (70 000 arrivent sur le marché de l’emploi toutes les années) je ne peux que féliciter cette mesure, qui a vocation à répondre à l’éternel question que se pose l’entrepreneur chaque matin: où trouver le marché? », écrivait-il en introduction.

« Primo: la complexité des appels d’offre de l’Etat : Nous ne cesserons jamais de le dire, il faut décentraliser pour que le premier interlocuteur des PME et TPME soient les collectivités territoriales. Les appels d’offre des ministères et autres grandes directions sont complexes et lourds. Souvent, il faut acheter le dossier, entre 25000 et plus de 100 000 francs. Les dossiers techniques à fournir sont complexes et nécessitent parfois l’intervention de services tiers. Si l’administration ne met pas en place un service pour accompagner les PME et PMI des jeunes à mieux répondre aux obligations techniques de ces appels d’offre, l’initiative présidentielle ne portera pas de fruit », a-t-il expliqué.

« Secondo: Le financement des offres. L’Etat ne donne pas d’avances. Tu réalises et on te paie. Or les jeunes ont peu de réserves en trésorerie pour autofinancer leur service ou fournir leurs produits. Les banques et autres institutions financières sont trop tatillonnes, exigent des garanties que souvent les jeunes n’ont pas. Il faut trouver peut être une garantie souveraine, de la part du ministère du développement à la base. Autrement, là aussi, les gens vont gagner les marchés et être incapable de les exécuter. Tertio: les délais de paiement du trésor public. A titre personnel j’ai cessé de prendre des marchés public à cause de ces délais. Parce que même si vous parvenez à obtenir de votre banquier une avance après présentation du bon de commande, cette avance ne couvre souvent qu’une période de trois mois. Et le trésor public peut même parfois mettre une année avant de vous payer. Le temps de vous payez, les intérêts de la banque ont avalé votre bénéfice. C’est un paramètre à prendre en compte. Les paiements sur fonds dédiés des ministères et autres directions sont rapides », a-t-il ajouté.

Et de conclure, « L’initiative reste intéressante, et j’aurai sans doute agi ainsi, mais sans les réformes structurelles, beaucoup de jeunes qui ne savent pas comment ça fonctionne risquent de fermer boutique ».

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Umalis