Société

Togo / Manifestations du 28 février : Voici la déclaration de l’ASVITTO

L’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) exprime sa désapprobation par rapport à la répression violente des manifestations publiques des conducteurs des taxis et taxi-moto le 28 février dernier. A cet effet, l’organisation a fait une déclaration dans laquelle elle condamne l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre et de sécurité, et propose une mise du corps des armées.

Déclaration relative à la répression sanglante de la manifestation spontanée du 28 février 2017 à Lomé

L’ASVITTO dénonce l’usage de la force excessive et toutes les formes de tortures et violences enregistrées sur les populations civiles

Les populations de Lomé et environs en appui aux associations des conducteurs ont voulu exprimer leurs sentiments d’exaspération le mardi 28 février 2017 suite à la décision impopulaire et inopportune du gouvernement d’augmenter les prix des produits pétroliers. Tout est parti des manifestations à caractère spontané et aux élans pacifiques dans plusieurs endroits de la capitale avec des slogans relatifs à la vie chère. Face à cette expression sociale et aux besoins légitimes, réels et justifiés des manifestants, les autorités sont restées insensibles, insouciantes et indifférentes et ont opposé un langage de brutalité et de cruauté avec un usage excessif de la force qui a occasionné un bilan lourd dans les rangs des manifestants : au moins un mort, des blessés graves et plusieurs arrestations.

Des actes de torture et traitements cruels, inhumains et dégradants ont été constatés, un jeune manifestant a été ligoté par des cordes et exposé au soleil au carrefour GTA (situé à un kilomètre du Palais de la Présidence de la république) ; un autre sévèrement bastonné a été physiquement très atteint au niveau du centre commercial Dékon (situé au centre ville). Des violences inestimables ont été enregistrées avec des violations de domicile par les forces de l’ordre, de sécurité et de défense en fin de soirée et durant toute la nuit jusqu’au petit matin de mercredi 1er mars 2017. Actuellement, une terreur s’est emparée de la ville avec un quadrillage militaire étouffant aux allures inquiétantes qui empêche aux populations de vaquer librement à leurs occupations.

L’ASVITTO condamne l’attitude du gouvernement vis-à-vis de l’expression sociale et pacifique des populations et dénonce toutes les formes de torture et de violences sur les personnes interpellées lors de ces manifestations.

Elle dénonce également le non respect des règles du Maintien d’Ordre qui est la cause des bavures répétitives et exige une enquête sur l’utilisation d’armes à feu constatée et qui a fait un décès du côté des manifestants. Elle convie ainsi les autorités en charge de la sécurité à une mise à niveau des éléments des Forces de l’ordre, de Sécurité et de Défense conformément aux «Normes Relatives aux Droits de l’Homme et leur Application Pratique» adoptées en 2003 par les Nations Unies.

Enfin l’ASVITTO exprime toute ses condoléances à la famille éplorée et souhaite prompte guérison à tous les blessés ; elle invite les autorités gouvernementales à prendre des mesures sociales urgentes pour une solution durable en vue d’apaiser les populations.

Fait à Lomé, le 1er Mars 2017

Pour l’ASVITTO

Le Président

M. ATCHOLI KAO Monzolouwè

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