Justice Media

Nouvelle agression d’un journaliste togolais, l’ASVITTO lève le ton

Le mardi 07 février dernier, un journaliste du bihebdomadaire « L’Alternative » aurait été  arrêté et torturé, à Akato-Viépé, une banlieue de Lomé, selon ses témoignages,  alors qu’il effectuait un reportage sur un litige foncier. Face à cette énième altercation journaliste-force de l’ordre, l’association des victimes de tortures au Togo monte au créneau. Dans une déclaration rendue publique, les responsables de l’association manifestent leur consternation face à cet acte.

DECLARATION DE L’ASVITTO RELATIVE AUX ACTES DE TORTURE DES ELEMENTS DE LA GENDARMERIE SUR UN JOURNALISTE:

L’ASVITTO invite les autorités togolaises au respect de l’article 21 de la constitution pour une protection efficace des populations civiles contre les actes de torture et mauvais traitements exercés par les forces de l’ordre et de sécurité

C’est avec une vive consternation doublée d’inquiétude que l’Association des Victimes de Torture au Togo (ASVITTO) voudrait réagir face aux actes de torture et mauvais traitements que les Forces de l’ordre et de sécurité ne cessent d’infliger sur les populations civiles.

En effet, le mardi 07 février 2017, Monsieur AVOTOR Kossi Robert, né le 30 avril 1989 à kpélé Tutu et Journaliste de profession à la Presse privée écrite ‘’L’ALTERNATIVE », dans l’exercice de ses activités a été apostrophé et sérieusement torturé par les éléments de la gendarmerie dans la localité d’Akato-viépé, canton de Sagbado, situé à une vingtaine de kilomètre au nord-ouest de Lomé. Visiblement atteint avec des hématomes un peu partout sur son corps et de sérieuses enflures constatées sur ses deux bras, le témoignage de la victime confirme le traitement bestial qu’il a vécu : «j’ai été roué de coups de matraques et de pieds avant d’être menotté et gardé dans un coin. Ils venaient de temps en temps serrer les menottes. Cela me faisait très mal aux poignets. A un moment donné, j’ai senti le besoin de me soulager. Je leur ai demandé de me permettre au moins d’uriner. Ils ont refusé catégoriquement. J’étais obligé d’uriner dans mon pantalon. Cela les amusait. Ils ont amené aussi quelqu’un qu’ils ont surpris entrain de filmer. J’étais là, menotté pendant plus de deux heures. »

«Arrivés à la gendarmerie de Sagbado, ils ont effacé toutes les images dans nos portables et appareils. »

L’ASVITTO dénonce vigoureusement ces actes de torture et condamne avec fermeté ce comportement des Forces de l’ordre et de sécurité qui porte de graves atteintes à l’intégrité physique des citoyens et qui constitue une violation inacceptable de l’article 21 de la Constitution Togolaise qui affirme en ces termes : «Nul ne peut être soumis à la torture ou à d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants. » « Tout individu, tout agent de l’Etat coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi. »

Elle invite les autorités Togolaises au respect de cet article constitutionnel pour une protection efficace des populations civiles contre les actes de torture et mauvais traitements exercés par les forces de l’ordre et de sécurité.

Elle demande ensuite au Ministre de la sécurité et de la protection civile de mettre les auteurs à la disposition de la justice pour qu’ils répondent de leurs actes conformément à la loi et aux engagements pris par l’Etat Togolais lors de son passage à l’Examen Périodique Universel en novembre 2016.

L’ASVITTO invite également le gouvernement à la publication du rapport de visite de la mission du Sous Comité de Prévention de la torture (SPT) qui lui a été transmis depuis décembre 2015, et la mise en œuvre effective du Mécanisme National de Prévention (MNP).

Par ailleurs, l’ASVITTO voudrait attirer l’attention de la communauté internationale et les principaux partenaires du Togo (Union européenne, France, Allemagne, USA, Israël) sur la réelle menace qui plane sur la liberté de presse au Togo et qui se caractérise par les fermetures illégales de certains médias privés auxquelles s’ajoutent les actes de torture et intimidations sur certains journalistes ; ce qui constitue une véritable reculade du processus démocratique et l’Etat de droit en construction dans notre pays.

Fait à Lomé, le 08 février 2017

Pour l’ASVITTO

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Umalis