Santé

Togo : Trafic de faux médicaments/ Pourquoi le phénomène perdure ?

Les membres du Club diplomatique de Lomé (CDL) ont tenu leur première rencontre trimestrielle ce 19 janvier 2017. Le CDL est un lieu d’échanges privilégié entre acteurs d’actions et de réflexions à résonance mondiale sur les grandes questions internationales. La réunion initiée par le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey a lieu chaque trimestre. Pour cette première rencontre en 2017, le CDL s’est penché sur la problématique de faux médicaments.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 100.000 décès par an en Afrique sont liés au commerce de médicaments contrefaits. Le fléau touche plus les pays de l’Afrique centrale et de l’ouest, grands importateurs des  produits pharmaceutiques.

Et le Togo n’échappe pas au phénomène. Selon une estimation de l’Ordre national des pharmaciens du Togo, 50 à 60% des médicaments vendus sont des faux. Il ya donc lieu de situer les responsabilités afin de trouver des solutions définitives.

C’est pourquoi le CDL a invité le Innocent Kpeto, président de l’ordre des pharmaciens du Togo pour débattre autour du thème « Les faux médicaments en Afrique et au Togo : Entre Chiffres bruts et réalité complexe ; quelles stratégies de lutte ? ».

Selon le président de l’ordre des pharmaciens du Togo, le trafic des médicaments perdure surtout parce qu’il est très rentable. « 30 à 40% plus rentable que le trafic de drogue », estime le professionnel de santé.

A cela s’ajoute la pauvreté des populations à qui ces produits sont proposés assez moins chers dans les rues ainsi que la faiblesse des systèmes de santé accentuée par le manque de proximité de pharmacies.

Les produits les plus concernés par ce trafic sont les antibiotiques, les antipaludéens, les antidouleurs, les vitamines et quelques fois les produits vétérinaires ou encore des produits contre le diabète et le cancer.

Conséquence : ces produits contrefaits menacent la santé publique des pays touchés, désorientent les populations et alimentent les réseaux de blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, une menace pour la sécurité des Etats.

Selon le Dr Kpeto, il est très difficile de mener une lutte efficace contre ces trafics pour le fait que les trafiquants et les contrefacteurs arrivent à réaliser des copies quasiment parfaites. Ce qui complique la tâche aux douaniers qui n’arrivent pas reconnaître les vrais médicaments des faux.

Toutefois, au Togo, plusieurs actions sont menées contre les médicaments contrefaits avec des saisies régulières. En dehors des opérations régulières de la douane et des forces de l’ordre, le pays dispose d’un arsenal juridique moderne avec plusieurs lois qui punissent ce trafic.

Pour arriver à bout du fléau, Dr Kpeto propose d’intensifier la sensibilisation des populations pour impliquer toutes les couches sociales de la population dans le combat.

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