Technologie

Troisième opérateur de téléphonie mobile au Togo : Cina Lawson et l’ART&P se contredisent

Les prestations des opérateurs mobiles au Togo laissent à désirer : mauvaise qualité des offres, cherté des services…Pour améliorer la situation, la ministre des postes et de l’économie numérique avait promis en 2014 l’arrivée d’un troisième opérateur de téléphonie mobile qui contribuerait à la baise des prix. Mais l’année dernière, les propos de la ministre sur le sujet ont changé : selon elle le pays n’a pas besoin d’un autre opérateur. Un avis que ne partage pas l’Autorité de réglementation des télécommunications et des postes (ART&P).

Il y a deux ans, Cina Lawson avait rassuré les togolais sur l’arrivée d’un troisième opérateur mobile au Togo « Quand j’ai pris ce ministère, un de mes objectifs était de travailler dur pour faire baisser le prix des communications. De 2010 à 2014, les prix ont baissé de plus de 30%. Nous pouvons faire mieux c’est la raison pour laquelle nous avons lancé un appel d’offres pour la troisième licence de téléphonie. Avec une concurrence accrue, les prix vont encore baisser », avait clamé la ministre qui a reconnu que  «le Togo reste un pays de la zone UEMOA où les tarifs des produits et services de télécommunications demeurent élevés ».

L’opérateur était annoncé pour 2015 et quelques potentiels noms de différents opérateurs de la sous région noms circulaient. Mais les togolais ont attendu en vain la nouvelle société.

Puis subitement l’année dernière, Mme Cina Lawson a changé de langage au cours d’un forum en 2016. Selon elle, le marché togolais est trop restreint, et donc n’a pas besoin d’un troisième opérateur.

« Sur cette question de la venue d’un nouvel entrant, y-a-t-il de l’intérêt à faire venir de nouveaux investisseurs dans un marché de 7millions d’habitants avec un taux de pénétration de plus de 60% ? ».

Pour elle, ce sont les journalistes qui font de la présence de cet opérateur leur principale préoccupation. « Moi je pense que cette problématique est celle des journalistes et non des citoyens. Ce qui intéresse ces derniers ce n’est pas d’avoir 3 ou 4 ou encore 5 opérateurs, mais les services de qualité à des prix compétitifs », avait déclaré Cina Lawson.

Abayeh Boyodi, Directeur par intérim de l’Autorité de réglementation des télécommunications et des postes (ART&P) ne voit pas cette analyse du même regard. A l’en croire, les opérateurs Togocel et Moov enregistrent aujourd’hui un nombre excessif d’abonnés, ce qui nécessite la présence d’un troisième opérateur.

« Au vu de la dynamique de croissance sur le marché du mobile, on est en droit de supposer qu’il y a de la place pour un troisième opérateur si des investisseurs se manifestent », a expliqué Abayeh Boyodi, dans une interview accordée au Magazine « Marchés Africains ».

En 2016, le Togo comptait près de cinq millions d’abonnés au réseau Togo cellulaire (53%) et Moov (46,8%), selon les statistiques. Un nouvel opérateur est-il nécessaire au Togo ?  Le débat est lancé.

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