Agro-Environnement

Alimentation : Des cultures maraîchères en plein cimetière

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Séparés des tombes par des murs improvisés faits de brics et de brocs, des plants de laitues, de tomates et de betteraves – si ce ne sont que ceux-là – poussent au gré du vent et du soleil. Ça se passe dans les contrées sud périphériques de la capitale : Kpogan et Agodéka. Que risque le consommateur en mangeant ces légumes cultivés sur un terrain pas ordinaire ?

La plupart des maraîchers dans ces zones partagent leur aire de culture avec les demeures des morts sur la terre des vivants. Souvent, ces lopins de terre qui servent à la culture sont occupés de façon illégale puisqu’appartenant aux autorités publiques. Communément appelées « réserves », ces surfaces de terres sont effectivement destinées à abriter des constructions relevant du domaine administratif.

La majorité des maraîchers qui y sont installés livrent leurs productions sur place ou à des revendeuses des marchés environnants. Puisque, cette situation ne date certainement pas d’aujourd’hui, ceux-ci ne trouvent pas d’inconvénient à troubler le sommeil des morts avec leurs cultures. Aussi, ils ont creusé chacun un forage de 6 m pour arroser leurs plants. L’eau, stockée dans une fosse sous forme de puits, est couverte de moisissures. Les engrais utilisés (l’urée, super grow, super master 20.20, macozeb 50) sont pour la plupart chimiques. De ce fait, tous ces éléments réunis posent la question des risques sanitaires qu’entraine la consommation de ces légumes.

Selon l’avis d’un médecin, il est possible que les cadavres humains rejettent dans l’environnement diverses bactéries telles que l’escherichia coli, l’enterobacter ou le  Klebsiella, qui pourraient rendre impropres ces cultures. Aussi, des facteurs tels que les conditions géologiques du sol et des sédiments, la profondeur et la fluctuation de l’eau souterraine, la densité des corps dans le cimetière et leur temps de séjour, l’inhumation inadéquate des cadavres peuvent influer sur la qualité microbienne des eaux souterraines utilisées pour l’arrosage.

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Umalis