Economie

Aimé Gogué ausculte la situation économique du pays

aime_gogue_500Professeur agrégé en économie, Aimé Tchabouré Gogué, depuis son arrivée au parlement togolais en 2013 ne rend pas toujours tendres les discussions budgétaires.  Cet ancien  candidat à la présidentielle  de 2015 mène en permanence des réflexions sur la question des finances. Dans un entretien accordé à Financial Afrik, le président de l’Alliance des démocrates pour un développement intégral (Addi) analyse la situation économique du pays.

Dans cet exercice de questions-réponses, Aimé Gogué s’est prononcé sur la loi des finances gestion 2017, sa structuration et ses manquements, la situation de l’endettement du pays ainsi que les différents mécanismes mis en place pour la maitriser.

Le président de l’ADDI s’est tout d’abord prononcé sur la position de son parti face  au vote du  budget 2017.
« Notre parti a voté contre » révèle t-il tout en s’expliquant. «Vous voyez les crises sociales dans le pays. Les enseignants sont en grève presque toutes les semaines. Nous avons passé un trimestre, et nous ne pouvons pas dire que dans l’enseignement dans le secteur public, qui le plus est le plus important, s’est déroulé normalement. Et au niveau du budget, on n’a pas prévu nécessairement quelque-chose pour faire face à la crise sociale qui prévaut ».
Lorsqu’on lui demande son  opinion concernant le fait que le budget consacre 46,8% des dépenses aux secteurs sociaux. L’économiste répond sans détours : « C’est des histoires. C’est surtout l’un des aspects négatifs de ce budget. Comme toujours, une des plaies de ce gouvernement, c’est de ne pas respecter les orientations définies par la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE).
Prenons surtout deux (2) secteurs. L’axe 1 qui est le secteur porteur de croissance, et l’axe 2, secteur du développement du capital humain. Ils devraient bénéficier de plus de ressources, mais ce n’est pas le cas. Tout le monde sait que le secteur de la santé est peu développé dans ce pays. Pourtant, on parle de « social ». Malheureusement, même les ressources allouées à ces secteurs n’ont pas significativement augmenté. Il a fallu d’ailleurs l’intervention des députés pour qu’on les augmente légèrement »,dénonce Aimé Gogué.

Sur la question de l’endettement du pays,  voici les propos du président de l’ADDI « Depuis que nous sommes arrivés au parlement, la politique d’endettement constitue l’une des critiques sévères que nous avons formulées à l’endroit du ministère des finances. Nous leur disons que la stratégie adoptée pour le financement des infrastructures allait nous couter très cher. Que ça allait alourdir l’endettement du pays, et vraiment ce sont des discussions très sérieuses surtout en 2013, 2014, et 2015 pour l’adoption des budgets ».

« L’endettement du pays est passé de 45% du PIB en 2011 à près de 75%. Aujourd’hui, nous ne remplissons pas du tout le critère de convergence de l’UEMOA, et nous sommes le seul pays dans le cas parce qu’on vient d’ailleurs de bénéficier de l’initiative PPTE »,poursuit -il.

Sur les discussions engagées par le Togo avec le FMI pour recadrer les dettes du pays, Aimé Gogué dit ce qu’il pense. « Nous ne disons pas que les interventions du Fonds monétaire international (FMI) sont nécessairement bonnes, mais elles permettent au pays d’avoir une discipline budgétaire. Pour pouvoir avoir accès à des ressources concessionnelles assez importantes, il faut que le pays ait un programme avec le FMI. Mais pour l’avoir, il faut montrer une bonne manière de gérer les finances publiques. Et il y a des critères qu’il faut remplir ».

Pour que ces ressources concessionnelles soient importantes et avec de périodes de grâce allongées, conseille le député, il faut aussi régler le problème de la bonne gouvernance et de la démocratie. Ça contribue à améliorer les critères de performance de pour avoir accès à ces ressources.

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