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Polémique autour du Franc CFA : Êtes-vous pour ou contre son abandon ?

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L’ONG Urgences Panafricanistes URPANAF du chroniqueur politique Kemi Seba a lancé le 26 décembre dernier, une journée de mobilisation internationale pour dénoncer le F CFA. Ce sera  le 07 janvier prochain ! Placé sous le thème « Le franc CFA et la nécessité de se défaire de la monnaie postcoloniale », cette mobilisation, qui se veut historique, a pour but de mettre un accent particulier sur les moyens de s’affranchir de la servitude monétaire du Franc CFA. A cette occasion, il est prévu des rencontres et des conférences populaires pour informer l’opinion publique africaine, française et européenne des conséquences du lien qui garde encore et toujours « prisonniers » les ex-colonies à l’ancienne métropole.

La polémique autour du Franc CFA a refait surface mais, avec une plus grande fougue. Pour une première fois, c’est l’élite africaine et mondiale en collaboration avec la société civile qui est à l’avant-garde des revendications pour dire un « NON » retentissant au Franc CFA. Tous dénoncent les effets négatifs de cette monnaie postcoloniale sur l’économie africaine et réclament la fin de la servitude monétaire. Que la lumière se fasse sur les comptes d’opérations ouverts par les banques centrales auprès du Trésor français !

« Le front contre le franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) », c’est sous cette dénomination que se déroulera ce grand événement qui fera des remous dans plusieurs villes africaines et occidentales à savoir Bamako, Ouagadougou, Abidjan, Ouidah, Dakar, Kinshasa,  Haïti, Paris, Bruxelles, Londres et Bologne. Selon les organisateurs, il s’agira de « de discuter des transformations indispensables à opérer tant au niveau institutionnel que politique pour répondre aux intérêts des quinze pays de la Zone franc CFA dont onze sont classés parmi les pays moins avancés (PMA) par les Nations unies ».

Penser une Afrique nouvelle, précisent-ils, « c’est penser l’émergence d’un continent libéré du joug impérialiste », qui prend en main son économie et gère directement l’exploitation de ses propres ressources naturelles. La monnaie est un attribut de souveraineté. Or, « le franc CFA, cheval de Troie du néocolonialisme, empêche évidemment cette impulsion ».

Ils seront nombreux, ces grandes figures du panafricanisme qui donneront le ton : Nicolas Agbohou, Docteur en économie politique et l’un des pères de la résistance au franc CFA, auteur du célèbre ouvrage « Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique » (1998) ; Aminata Traoré, militante altermondialiste, écrivaine et ancienne ministre ; Pîija Souleymane Yameogo, économiste de développement, conférencier sur l’histoire et les valeurs africaines et directeur général à PER-FORM, et Thi-Mi N’guessan, responsable de l’ONG Urgences Panafricanistes en Côte d’Ivoire ; Jahi Muntuka, ingénieur aérospatial, analyste en économie et administrateur du groupe Négritude.

Dire « NON » au Franc CFA, pourquoi ?

Créé en 1945, le franc CFA est en cours d’utilisation aux Comores et dans quatorze Etats en Afrique : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République Centrafricaine, République du Congo, Sénégal, Tchad, Togo. Deux sous-ensembles la composent: l’Union économique et monétaire ouest africaine -l’UEMOA- (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale -CEMAC-(Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée-équatoriale, Tchad). Lorsque le général de Gaulle signait le 25 décembre le décret créant le Franc des Colonies Françaises (CFA), il savait bien qu’il mettait ainsi sous perfusion monétaire les économies africaines.

Du fait de sa parité fixe, la valeur du franc CFA évolue de façon parallèle à celle de l’euro. En contrepartie, les banques centrales de la zone franc CFA doivent régulièrement envoyer 50% de leurs réserves de change dans le Trésor français, sur un compte dit « d’opérations ». Selon les études, en 2015, le dépôt de la BEAC (banque centrale de l’UEMOA) et de la BCEAO (banque centrale de la CEMAC) dans les coffres du Trésor français représentait environ 14 milliards d’euros. Et cet argent, bien sûr, n’est pas aux africains !

Tenez-vous bien, c’est dans deux usines en France que sont fabriqués les billets et les pièces de Franc CFA : à Pessac et Chamalières. Où est notre indépendance ? Serons-nous à jamais redevables au colonisateur de nous avoir dompté et « civilisé » ?

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Êtes-vous pour ou contre l'abandon du F CFA ?

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