Politique

La CDPA rejette le projet de loi sur la loi des finances

adjamagbo-brigitteL’assemblée nationale du Togo s’apprête à voter le projet de loi portant loi de finances gestion 2017. Mais l’exercice auquel veulent se prêter les députés ne semble guère réjouir la Convention Démocratique des Peuples Africains(CDPA). Dans un communiqué publié ce lundi, la formation politique donne les raisons de son désaccord.

Selon le communiqué du conseil des ministres, le vote de cette loi  est axé sur l’atteinte des objectifs prévus dans la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (Scape) 2013-2017. Ces prévisions budgétaires s’équilibrent en ressources et en charges à 1 2018,7 milliards de francs cfa et passent, enfin, la barre du 1 000 milliards de francs cfa.

Une explication  qui ne convainc pas la CDPA. « La Cdpa aurait apprécié l’effort si ce projet de budget 2017 n’avait pas privilégié le remboursement de la dette (35,72% des dépenses) au détriment des salaires (15,68% des dépenses). Comment comprendre une telle orientation après les sacrifices incommensurables que ce peuple avait consentis pour bénéficier de la réduction de la dette en vue de financer le secteur social, pourtant considéré comme prioritaire par le mandat illégitime du Président de la République? »  se questionnent Brigitte Adjamagbo et les siens.

« La Cdpa aurait applaudi l’exploit si ce projet de budget 2017 ne programmait pas le financement de la Scape (55,61% des dépenses), avec des dons projets, emprunts projets, emprunts, appuis budgétaires et emprunts obligataires (44,09% des recettes). Comment comprendre qu’un gouvernement responsable prétende développer nos secteurs à fort potentialité de croissance, renforcer nos infrastructures économiques, renforcer la gouvernance, promouvoir un développement participatif équilibré et durable et enfin développer le capital humain, la protection sociale et l’emploi avec des aides et surtout avec des prêts dont le remboursement redevient un fardeau insoutenable pour notre économie ? » poursuit la formation.

Avant d’expliquer : « La Cdpa aurait compris l’autosatisfaction des autorités, si ce projet de budget 2017 n’avait pas donné autant de poids aux dépenses communes diverses qui passent de 7,5% du budget 2016 à 8,5% du budget 2017. Nous ne pouvons accepter qu’une gouvernance transparente maintienne à ce niveau dans un projet de loi de finances, pourtant dénoncée par les nouvelles directives relatives aux finances publiques de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uémoa) ».

Pour la CDPA,  les dépenses en investissement ne créent pas d’emplois décents de qualité permettant aux jeunes d’accéder à des revenus à la hauteur des difficultés que connaissent les ménages. Elle dénonce donc ce budget, qui selon elle, n’alloue que 15,61% aux dépenses de personnel alors que la plupart des fonctionnaires du secteur de l’éducation, excédés par le dilatoire du gouvernement, sont actuellement en grève.

Pour conclure sa note, le parti politique « invite les députés à faire leur travail, en rejetant ce projet de budget 2017 qui se présente comme une belle architecture de finances publiques, mais se trouve en réalité être un mirage pour l’enjeu du développement durable, sans aucune portée de progrès social au Togo ».

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