Politique

Togo / Des militaires tués à Sokodé: une réplique de Gerry Taama qui cache une part de vérité !

Toutes les morts ne se valent-elles pas ? En quoi la mort d’un togolais est-elle plus importante que celle d’un autre ? Les réponses à ces questions sont contenues dans le coup de gueule du président du Nouvel engagement togolais (NET), Gerry Taama. L’homme politique en appelle au triomphe de l’humanisme sur le principe du « Saint Thomas ».

Non, on ne peut pas tout dire en politique

Quand des jeunes ont été fauchés par la mitrailles à Dapaong, nous avons condamné ces meurtres avec véhémence, et exigé des enquêtes qui n’ont jamais abouti. Quand un jeune est mort par balle au Carrefour GTA, à l’issue d’une manifestation spontanée pour protester contre la hausse des prix du carburant, nous avons condamné. Quand 16 de nos compatriotes ont perdu la vie lors des manifestations pacifiques depuis le 19 août 2017, nos condamnations ont été sévères.

Quand le 19 août, nous avons vu des militaires être molestés par des manifestants à Sokodé, nous avons appelé les organisateurs de cette manifestation pour leur demander de tout faire pour faire cesser cette situation. Un militaire dans l’exercice de ses fonctions est un serviteur de l’Etat.

Quand le Régiment para-commando a perdu deux de ses militaires à Sokodé, j’ai appelé le chef corps de ce régiment pour lui présenter mes condoléances. Beaucoup de personnes, officiers comme membres des familles des défunts ont pris part à la cérémonie funèbre organisée au camp RPC. Je connais personnellement une des personnes tombée au champ d’honneur, armée d’un fusil d’assaut avec une centaine de cartouches. Ils auraient pu faire usage de leurs armes. Ils ne l’ont pas fait. Eux aussi sont des martyres.

Plusieurs journalistes ayant pris part à une conférence de presse hier ont rapporté des propos inacceptables de certains leaders politiques, qui remettent en cause ces morts, sous le prétexte de n’avoir pas vu de photos. Sommes-nous réellement tombés dans ce voyeurisme bestial, où seuls les cadavres parlent le langage de leur mort ? A-t-on vu les cadavres des 16 martyres que nous pleurons tous ? Peut-on, au nom de la politique, renoncer à notre humanité, à notre compassion ? Un militaire togolais mort est-il moins important qu’un civil ?

Ces deux soldats ont été inhumés le même jour que le capitaine Tagaou, mort criblé de balles au Mali, alors qu’il tentait de ramener la paix là bas, si loin. A-t-on demandé à voir le corps là bas aussi ? Pourquoi ne pas rendre hommage à nos héros ? Parce que lui en était un.

Jusqu’à quand comprendrons-nous que l’armée, tant qu’elle reste assujettie au pouvoir civil, reste notre meilleure alliée. Demain, quand nous prendront le pouvoir, nous aurons sous notre commandement, un corps de métier rodé, habitué à servir et à recevoir des ordres. Et comment expliquer à certains que s’en prendre si régulièrement à l’armée est contre-productif ? Quel régiment assurera la sécurité du prochain président s’il est de l’opposition, avec autant de défiance dans nos propos?

La politique ne permet pas de faire une chose et son contraire, de s’autoriser n’importe quel propos. La même compassion que nous éprouvons pour les civils tombés au champ d’honneur, nous devons exprimer ces mêmes sentiments à l’endroit des familles de militaires tombés. Avec peut être même plus de rédemption pour ces derniers. si ça se trouve, ces soldas morts votaient pour l’opposition. Qui sait? Ils étaient juste en mission. Ils n’avaient pas demandé à être là bas.

Il n’y a que des nigauds pour penser que toutes les forces armées togolaises votent pour le parti au pouvoir.

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Umalis