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Le fameux « pieds à terre » aux entrées de l’Université de Lomé : Une pilule difficile à avaler et pourtant…

Bonne nouvelle que le plus grand établissement public d’enseignement professionnel du Togo ait enfin pris le train en marche pour se moderniser. En effet, l’Université de Lomé dont la présidence est actuellement assurée par Prof Dodji Kokoroko est en pleine rénovation depuis la clôture jusqu’aux amphithéâtres en passant par les institutions internes. Cependant, une décision mise en vigueur fait beaucoup de mécontents : « Conducteurs d’engins à deux roues, pieds à terre ». Pourquoi cette exigence ?

Créée le 14 septembre 1970 sous la dénomination de « Université du Bénin » et devenue « Université de Lomé » par décret présidentiel N° 2001-094/PR du 09 mars 2001, cet établissement est à ce jour le principal établissement d’enseignement supérieur et de recherche au Togo. L’Université de Lomé s’étend sur une superficie de 300 hectares. Elle est limitée au nord par la rue passant devant le bâtiment de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), au sud par le quartier Tokoin Doumasséssé, à l’est par le Boulevard Eyadema et à l’ouest par la voie ferrée Lomé-Blitta. La clôture de ce vaste terrain entamée sous le ministre Martin Aduayom en 2007 s’est finalement achevée avec Prof Dodji Kokoroko, l’actuel président de l’UL.

Rénovation et nouvelle consigne…

Maintenant que l’Université a été entièrement clôturée, cinq portes dont trois principales y donnent accès : les entrées principales dont deux ouvrent sur le Boulevard Eyadema à l’Est et l’autre au nord sur le bâtiment de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), puis les entrées secondaires Nord-ouest de Klikamé et Sud de Doumassessé. Aux entrées secondaires, les conducteurs d’engins à 2 roues sont contraints de se conformer au respect du panneau « pieds à terre », c’est-à-dire descendre de l’engin puis le pousser pour rentrer/sortir de l’Université. C’est une consigne difficile à faire appliquer par les agents de la police universitaire qui, parfois sont obligés de faire usage de leurs outils de répression pour que les usagers acceptent de s’y conformer. En effet, ces derniers trouvent cette consigne très contraignante.

« C’est embêtant. Pourquoi ils nous obligent à mettre pieds à terre ? Mais, ceux qui sont en voiture passent sans problème. C’est une attitude discriminatoire. », s’indigne un étudiant qui traine sa moto tout en rouspétant. « Je me demande si c’est la première université au monde qui fait clôturer son espace. C’est toujours le togolais qui fait son malin », renchérit un conducteur de taxi-moto. A son passager (un étudiant venant au cours) d’ajouter : « C’est une décision villageoise. Le président de l’Université fait bien de rénover mais cette histoire de pied-à-terre, c’est encore quoi ? ».

C’est de cette manière que les agents de la police universitaire essuient au quotidien les injures des usagers mais, ils ne s’en offusquent pas pour autant. « Laissez-les nous insulter, me confie l’un d’eux. Au lieu de chercher à comprendre le pourquoi de la décision, ils sont là à faire s’indigner. Notre devoir, c’est de faire respecter la consigne. Tout contrevenant court le risque de voir son engin saisi et bonjour les problèmes ! ».

C’est une question de sécurité !

A la question de savoir le bien-fondé de cette décision, l’agent de police universitaire explique : « Aux entrées secondaires, il y a plus de motos et de vélos qu’aux entrées principales. Au début, chacun rentre dans l’établissement sans ralentir et il se passe des collisions sans arrêt tout au long de la journée. C’est la raison pour laquelle, le panneau « pied-à-terre » les oblige à descendre de leur engin avant de rentrer dans l’établissement. Ainsi, on évite les collisions. Après tout, c’est pour leur propre sécurité ». En effet, l’entrée principale et celles du Campus Nord et du CHU Campus ne sont pas concernées par ces mesures.

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