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Togo/ Pressions, menaces, intimidations…Emmanuelle Sodji retrace les événements qui ont conduit au retrait de son accréditation

Togo Top Awards: Qui a été la personnalité politique togolaise de l'année 2017

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  • Brigitte Adjamagbo Johnson (3%, 10 Votes)
  • Jean-Pierre Fabre (3%, 9 Votes)
  • Cina Lawson (2%, 6 Votes)
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En septembre dernier, la journaliste et correspondante de TV5 Monde et France24 pour le Bénin et le Togo, Emmanuelle Sodji, s’est vu retirer son accréditation de journaliste par les autorités togolaises. On l’a notamment accusé d’avoir diffusé des images « surréalistes » allant en faveur de l’opposition togolaise. Dans une interview publiée sur le site «  thisisafrica.me », la journaliste togolaise revient sur les différentes péripéties qui ont conduit au retrait de son accréditation.

 

Que s’est il passé pour qu’on arrive à l’empêcher d’effectuer son travail en toute tranquillité ? Emanuelle Sodji revient sur les faits.

« Tout est parti de ma couverture, pour la chaîne francophone, TV5 et la chaîne internationale France24, de la manifestation du 19 août dernier, dans le nord de la capitale. Les images montraient des tirs de gaz, des manifestants en colère et une foule qui tentait d’échapper aux forces de sécurité.  Dans les heures suivantes, ces images ont été reprises par des médias internationaux, notamment Al Jazeera, les médias de la sous-région et par les réseaux sociaux », relate la journaliste qui poursuit :

Ensuite il y a eu cette journée « ville morte », organisée par l’opposition, que je devais couvrir. J’ai commencé à tourner des images vers 11 heures, dans des lieux réputés très animés, quartiers Assivito, Deckon et sur l’axe Colombe de la paix-Lomé.  Lorsque les partisans du pouvoir ont vu circuler ces images, ils m’ont accusé de les avoir filmé à l’aube.  Impossible, j’ai quitté la ville de Cotonou, aux alentours de 7 heures du matin, où j’étais en tournage la veille ».

« Ma couverture de la manifestation organisée par le parti au pouvoir, le mardi 29 août a été aussi vivement critiquée par les autorités togolaises. Elles me reprochent d’avoir traité dans ce sujet un autre factuel qui se déroulait ce jour-là : le procès de la vingtaine de personnes arrêtées lors des événements du 19 août. En effet, j’avais fait une transition en images pour évoquer cette autre actualité du jour. Il m’était journalistiquement impossible de faire l’impasse sur cette actualité judiciaire, de passer sous silence ces événements concomitants. D’ailleurs, dans mon reportage je filme des partisans du président qui déambulent devant le palais  de justice pour rejoindre le lieu du grand meeting du parti au pouvoir, sur la plage », ajoute la journaliste.

Emmanuelle Sodji n’a pas manqué d’évoquer des scènes extraordinaires dont elle a été témoin au cours de ces tournages. « J’ai assisté à des scènes que je ne pouvais m’empêcher de filmer, comme celle de cet homme qui marchait seul dans une rue et qui s’est fait embarqué dans un fourgon de police, parce qu’il était habillé en rouge »,témoigne t-elle.

La correspondante souligne surtout la pression exceptionnelle qu’elle a subie au cours du tournage de ces évènements.  « J’ai déjà subi des pressions, des attaques et des intimidations pour de sujets qui ne plaisaient pas aux autorités mais à ce niveau là, non jamais », soutient elle en nourrissant l’espoir de reprendre très vite son métier.

« Mes directions font tout leur possible pour que je récupère mon accréditation au Togo. Car, rappelons- le encore une fois, je ne fais que mon métier de journaliste. Ayant le goût des mots et surtout le goût de la vérité, je filme des situations qui reflètent les réalités sociales et/ou politiques. Je n’invente rien, hélas! », A telle conclu.

 

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Umalis