Politique

Togo/L’ANC répond à la proposition du gouvernement togolais

Dans un communiqué en date du 07 novembre, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) s’est prononcé sur la décision du gouvernement togolais d’organiser un dialogue. Les responsables du parti de l’opposition disent prendre acte des résolutions des autorités togolaises, tout en portant une réserve sur  la sincérité de la démarche. Voici le communiqué:

« La crise sociopolitique, qui mine notre pays depuis des décennies, connait ces derniers mois, avec la mobilisation massive des Togolaises et des Togolais dans les villes du pays et à l’étranger, des développements qui montrent le caractère profond et insurrectionnel de cette crise avec la ferme détermination des populations à mettre un terme au régime de dictature qui régente le Togo depuis plus de 50 ans.

A travers les manifestations publiques pacifiques, auxquelles elles prennent part massivement à chaque appel des partis de l’opposition et des organisations de la société civile, malgré les répressions sauvages, les intimidations et entraves de toutes sortes, les populations togolaises, dans leur ensemble, expriment sans équivoque leur rejet absolu de toute initiative qui viserait à préserver la dictature. Les vraies solutions à la crise passent par le retour à la constitution originelle de 1992 et ses implications, le vote de la diaspora, le déverrouillage des institutions et du cadre électoral, la libération de tous les détenus politiques, la fin des répressions et exactions dans les villes et dans les campagnes.

Face aux revendications légitimes des populations, le pouvoir togolais s’illustre par de graves violations des droits de l’homme, en l’occurrence les violences policières sanglantes perpétrées lors des répressions des manifestations publiques pacifiques, notamment dans les villes de Mango, Bafilo, Sokodé et Lomé, et qui occasionnent des morts, des blessés graves, des déplacements de populations réfugiées dans la brousse et dans les pays voisins, des destructions de biens publics et privés, des arrestations arbitraires accompagnées d’actes de tortures et de traitements inhumains et dégradants.

L’ANC réitère sa compassion à toutes les victimes des atrocités et des actes barbares commis par les forces de défense et de sécurité appuyées par des miliciens recrutés, formés et armés à dessein. Elle salue la mobilisation, le courage et la détermination de l’ensemble des populations sur le territoire et dans la diaspora.

Elle remercie les Chefs d’Etat, notamment les Présidents Alpha Condé de Guinée, Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, Nana Akufo Ado du Ghana et Patrice Talon du Bénin ainsi que les organisations internationales et les pays partenaires, qui ont pris conscience de la profondeur de la crise togolaise et qui s’impliquent résolument en usant de leur influence dans la recherche d’un apaisement.

Le caractère superficiel des mesures annoncées par le gouvernement n’est pas de nature à produire un apaisement parce que ces mesures ne vont pas au fond des sujets de préoccupation, notamment le retour à la constitution de 1992.

L’ANC prend néanmoins acte de la libération de certaines personnes arbitrairement arrêtées et condamnées, de la restitution de certains biens saisis au cours des manifestations ainsi que de la levée du contrôle judiciaire du Président National de l’ANC, Chef de file de l’opposition mais proteste vivement contre le maintien de charges non fondées.

Elle rappelle que dans la sordide affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara, les poursuites judiciaires contre M. Jean-Pierre FABRE et d’autres personnes inculpées et maintenues sous contrôle judiciaire sont sans fondement et sans aucune base légale. De plus, 6 personnes au moins parmi lesquelles l’ancien député ANC Kwami Manti, arbitrairement détenus, croupissent en prison depuis 5 ans dans la même affaire.

En tout état de cause, l’ANC appelle les populations togolaises, y compris la diaspora, à demeurer vigilantes, mobilisées et déterminées ».

Fait à Lomé, le 07 novembre 2017

Pour le Bureau National,

Le Vice-Président

 

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Umalis