Politique

Togo/Crise: l’ASVITTO condamne le traitement inhumain infligé aux membres de Nubueké

Depuis quelques jours, certains membres du mouvement Nubueké dénoncent des enlèvements arbitraires au sein de leur groupe. Selon les informations, ces personnes enlevées sont détenues par le Service des renseignements et d’investigations (SRI) et sont soumis à des traitements cruels et déshumanisants. Une situation que condamne l’association des victimes de tortures au Togo (ASVITTO). Lire!

Déclaration de l’ASVITTO

« La personne humaine est sacrée et inviolable. Nul ne peut être soumis à la torture ou à d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Cette disposition de l’article 21 de la constitution Togolaise continue d’être violée par le Service de Renseignement et d’Investigation (SRI) qui ne cesse de porter de graves atteintes à l’intégrité physique et morale sur des personnes interpellées dans le but de leur extorquer des aveux pour justifier leur maintien en détention et leur condamnation.

Le SRI, prototype de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) dont la triste réputation a été la pratique de la torture sur les détenus comme l’a pu confirmer un rapport de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) en février 2012 et dont les victimes sont toujours en détention malgré la décision du Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, est également nuisible et dangereux pour la défense et la protection des droits des Togolais.

Pour rappel l’affaire des incendies des marchés de Kara et Lomé en janvier 2013, encore fraiche dans la mémoire de l’opinion a contribué à discréditer et à ternir l’image de la justice Togolaise qui a été instrumentalisée pour avaliser les éléments de preuves obtenus sous l’effet de la torture sur des personnes interpellées au SRI afin de neutraliser la dynamique du Collectif Sauvons le Togo (CST)

Aussi l’affaire dite « d’escroquerie internationale » a conduit tour à tour d’éminentes personnalités dans les « ateliers de torture » du SRI, et les témoignages de l’homme d’affaire SOW AGBA Bertin, de l’ancien PDG ELF Loïc Le Floch-Prigent sans oublier ceux de l’ancien ministre Pascal BODJONA, convergent vers une similitude entre l’ANR et le SRI.

L’impunité, caractérisée par l’indifférence, l’insouciance et l’insensibilité du Chef de l’État et du gouvernement vis-à-vis de ces violations pour des fins inavouées a galvanisé les auteurs de ces actes de torture qui se sont encore illustrés depuis les manifestations de l’opposition le 19 août dernier.

Étant fidèles à leurs méthodes et dans l’intention de procéder à l’arrestation des responsables et d’affaiblir la dynamique du Front citoyen « Togo Debout », les agents du SRI ont fait irruption au domicile du sieur KOKODOKO Messenth le 19 octobre dernier à 07 heures GMT. Ce dernier de nationalité Togolaise, né le 07 février 1978, marié et père d’un enfant, a vu lors de son interpellation « sa porte fracassée, ses yeux aspergés d’un produit toxique, puis des bastonnades partout sur son corps ». Des blessures et hématomes sont visibles sur tout le corps et il est enfermé en permanence dans une cellule sans lumière à la gendarmerie nationale.

Il reçoit « des tortures quotidiennement pour l’obliger à mettre en cause certaines personnalités du Front citoyen Togo Debout » comme ce fut le cas sur les détenus dans les affaires d’atteinte contre la sureté de l’État d’avril 2009 et des incendies des grands marchés en janvier 2013, où les Juges en charge des dossiers se sont familiarisés avec les tortionnaires pour servir des jugements catastrophiques.

Il est inacceptable que les actes de torture continuent sur les populations civiles malgré la criminalisation et l’imprescriptibilité de cette infraction dans le nouveau code pénal.

L’ASVITTO s’indigne face à la reculade dans la prévention de la torture au Togo et interpelle le Comité des Nations Unies contre la torture, le Sous-comité pour la prévention de la torture, les ONG Amnesty International, Atlas torture et l’Organisation Mondiale Contre la torture pour des actions internationales coercitives sur le gouvernement Togolais afin de faire adopter le nouveau code de procédure pénale, de mettre en œuvre le Mécanisme National de Prévention (MNP), et de mettre en application les recommandations de l’Examen Périodique Universel (EPU) et celles de l’OPCAT pour une protection plus efficace des populations Togolaises.

Par ailleurs l’ASVITTO salue les réactions promptes et objectives du Département d’État Américain et du Gouvernement de la république Française condamnant le parrainage des milices par le Gouvernement Togolais. Elle convie à cet effet les autorités gouvernementales, en particulier le ministre de la sécurité et de la protection civile, le colonel YARK Damehane et celui de l’Administration territoriale, des collectivités locales et de la décentralisation M. BOUKPESSI Payadowa à procéder rapidement et sans délais au désarmement de ces indésirables afin de les mettre hors d’état de nuire avant les prochaines manifestations pacifiques de l’opposition; faute de quoi, ils seront tenus pour responsables de toutes les conséquences douloureuses qui s’en suivront.

L’ASVITTO invite enfin le Chef de l’État à faire cesser les expéditions punitives sur les populations dans les régions des savanes et centrale afin de créer un climat d’apaisement favorable pour le retour de tous les réfugiés.

Fait à Lomé, le 30 octobre 2017

Pour l’ASVITTO

Le Président
M. Atcholi Kao Monzolouwè

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