Politique

Crise au Togo : « La rue qui a pris le pouvoir… ça passe ou ça casse », Prof Togoata Apedo-Amah

De son analyse de la situation sociopolitique actuelle dans son pays, l’universitaire et défenseur des droits de l’Homme a tiré une conclusion : le peuple s’est approprié la lutte. Selon lui, l’opposition n’est plus aux commandes. Désormais, le destin du Togo se trouve dans les mains du peuple et cela se joue dans la rue.

LA RUE A PRIS LE LEADERSHIP DE L’OPPOSITION AU TOGO

Après les événements de la nuit du 16 au 17 octobre 2017, consécutifs à l’arrestation ‘nocturne d’un imam à Sokode, un ami m’a posé la question suivante :  » Est-ce que l’opposition est toujours aux commandes? » J’ai dit non. C’est la rue qui a pris le pouvoir.

Le pouvoir n’a plus d’interlocuteurs

Après les événements du 5 octobre 1990, Eyadema s’était retrouvé dans la même situation jusqu’à l’avènement du Front d’Action pour le Renouveau (FAR). Les manifestations spontanées et les émeutes sur tout le territoire tendent à le confirmer. Lors des manifestations des 20 et 21 septembre 2017, une partie importante de la foule, au niveau de la Colombe de la Paix, à Tokoin Lycée, a voulu, contrairement aux consignes des 14 partis, se diriger sur le camp militaire du RIT pour en découdre avec les militaires. Il a fallu la force de conviction d’autres manifestants pour les en dissuader après de longues palabres. C’est dire que la rue s’est prise elle-même en mains. Les leaders sont tenus d’agir selon sa volonté souveraine. Cette circonstance réduit énormément la marge de manœuvre d’un pouvoir corrupteur qui pouvait semer la zizanie au sein de l’opposition et acheter des traîtres.

ÇA PASSE OU ÇA CASSE

Face à la détermination inébranlable du peuple togolais, le pouvoir usurpateur doit prendre la mesure des choses et préparer sa reddition sans conditions. Les trahisons ne passeront plus. Elles étaient possibles tant que la rue ne tenait pas le gouvernail. Tout le pays est en train de vivre dans une atmosphère insurrectionnelle et révolutionnaire. Ça passe ou ça casse. Mais c’est la volonté du peuple qui passera et il veut la faire aboutir à tous prix, quel qu’en soit le coût. Le leader de l’opposition qui se hasarderait à contrarier cette force qui marche vers son avenir, devra craindre le pire. Le temps de l’impunité arrogante des traîtres est fini, disent les manifestants. Tous les zozos qui s’amusent sur les médias à semer la confusion et à faire diversion avec du juridisme de salon, sont avertis. Le peuple en colère ignore la diplomatie. Il ne discute pas. Il fonce. 50 ans de bêtises et de crimes d’un régime de cancres l’ont vacciné contre les arguties politico-diplomatiques des politicards et des chiens qui prêchent le confusionnisme et la survie du clan Gnassingbé pour défendre les intérêts sordides des voleurs et de la France mafieuse.

Le peuple veut changer des ânes contre des chevaux pur-sang pour rattraper son destin. Pour ce faire, Faure Gnassingbé et son régime haïssable doivent foutre le camp immédiatement. Telle est la volonté souveraine de notre peuple.

Ayayi Togoata APEDO-AMAH

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