Politique

Togo / « En aucun cas, … » : Regards croisés de Christophe Tchao et Me Jean Yaovi Degli

Pendant que les partis de l’opposition initiatrices des dernières manifestations publiques persistent et signent que le retour à la Constitution de 1992 reste et demeure le seul remède aux maux qui gangrènent notre pays, le gouvernement a proposé un projet de loi dans lequel la fameuse phrase « en aucun cas, nul ne peut faire plus de 2 mandats » a disparu. C’est là que se trouve la pomme de discorde. Qu’insinue au juste ce bout de phrase ?

« Nous avons demandé la limitation des mandats comme le prônait l’APG. Quand vous prenez la CVJR, tout le monde demande la limitation de mandat. La phrase « en aucun cas » ne gêne personne. Nous, on est à l’aise », a indiqué Christoph Tchao, le président du groupe parlementaire UNIR, dans une interview sur radio Taxi-Fm ce vendredi. Pour lui, avec cette phrase ou sans elle, l’article 59 de la constitution garde toujours sa substance. Du côté de l’opposition, la phrase « en aucun cas, nul ne peut faire plus de deux mandats » constitue la sève de la clause sur la limitation des mandats. S’il est vrai que cela ne change rien, le parti au pouvoir est-il si réticent à incorporer cette phrase ?

Pour sa part, Me Jean Yaovi Degli, président du parti « Bâtir le Togo » a un autre point de vue sur la question. Dans une réflexion, il relève que « si ce bout de phrase est inscrit dans l’article 59 de la Constitution qui limite les mandats présidentiels à deux (2), l’actuel président de la République qui est à son troisième mandat ne pourra plus briguer un autre mandat. Et le pouvoir fait tout pour conforter cette façon de voir les choses et de donner l’impression à l’opposition et au peuple que s’il a peur de ce bout de phrase et en refuse bec et ongle l’inscription dans la Constitution, c’est parce que cette phrase va empêcher l’actuel chef de l’Etat de briguer un autre mandat après l’adoption des réformes ».

« Il convient donc de tenir compte de cela et de maintenir dans la Constitution qu’en aucun cas, nul ne pourra exercer plus de deux mandats. A défaut, tout le combat actuel peut se révéler inutile dans dix (10) ans », a-t-il conclu.

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