Politique

L’opposition ne doit pas crier trop tôt victoire et abandonner la mobilisation populaire, Gerry Taama

« Méfions-nous des victoires faciles », prévient Gerry Taama le président du Nouvel Engagement Togolais (NET). L’homme qui a marché aux côtés de la coalition des partis politiques de l’opposition les 6 et 7 septembre derniers pour le retour à la constitution de 1992 veut attirer l’attention de ses pairs de l’opposition. Il les appelle à ne pas perdre de vue l’objectif de la mobilisation populaire, même s’ils ont réussi à inscrire à l’ordre du jour de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, la révision constitutionnelle. Lecture!

Sun zu disait : tout l’art de la guerre est basé sur la duperie.

Depuis hier, je lis partout que l’opposition a gagné en réussissant à faire imposer l’inscription de la révision de la constitution à l’ordre du jour de la session extraordinaire. Et il y a un petit détail qui me surprend. Alors qu’un imposant cordon policier empêchait toute approche de notre assemblée nationale, on a pu tout de même « autoriser » les membres de la coalition de l’opposition (les non députés) à y entrer. Et le résultat de cette « action commando » c’est donc que la révision constitutionnelle est inscrite à l’ordre du jour. Pour moi le vrai résultat est que depuis hier plus personne ne parle plus de démission du chef de l’État comme préalable à toute discussion.

Par une savante action de diversion, ils nous ont amené exactement là où ils voulaient nous amener, se mettant en face un chef de fil de l’opposition dont ils ont la pratique depuis longtemps. Autrement, depuis une semaine on nous présentait l’avant projet de loi du gouvernement comme une réponse du chef de l’État à la crise politique, et il est évident qu’en l’adoptant, le gouvernement avait à l’idée de le soumettre à l’assemblée. Méfions-nous des victoires faciles.

L’objectif actuel doit être de continuer à s’inspirer de la méthode de mobilisation du PNP, tout en professant partout la nécessité de la non-violence. Le jour où nous réussirons à mettre deux millions de togolais dans les rues, plus personne ne demandera à personne de partir. Ça se fera tout seul. 100 mille Togolais à deckon, qu’on peut disperser en un tour de main sans susciter des condamnations à l’international: ça ne suffit pas encore.

Autrement, c’est l’assemblée qui fera les réformes, et n’oublions pas que nous avons besoin des autres, nous devons aussi écouter les autres ou gare au scénario de juin 2014.

Plusieurs personnes m’appellent pour me demander pourquoi nous ne sommes pas avec les autres. Comme d’autres formations politiques, nous pouvons nous aussi faire une demande et intégrer le regroupement, sauf que depuis le congrès du Net du 20 décembre 2014, les militants ont demandé au parti de poursuivre son implantation et de se refuser à entrer dans les regroupements. L’identité du net a été beaucoup ébranlée par ces aventures. Cet engagement a été réitéré lors du congrès du 27 juillet 2017. Aujourd’hui, il y a deux choses essentielles, la mobilisation populaire (et tous les partis, y compris ceux qui ne sont pas dans le regroupement y contribuent,) et les débats à l’Assemblée, où la c’est uniquement les partis parlementaires qui sont concernés.

Tous les partis regroupés ont notre confiance et ont les qualités pour être au devant de la lutte.

Le seul but de nous tous, c’est l’enracinement de la démocratie dans notre pays grâce à une constitution moderne et universelle, un cadre électoral purgé, le vote de la diaspora et une justice pour tous. Pour le Togo. #Togodebout

Gerry.

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