Société

Le processus d’installation de TOGOCOM vu par Thomas Koumou

Quelques jours seulement après sa première analyse de la mise en place de TOGOCOM (transformation du Groupe Togotelecom), dans laquelle il a relevé des dysfonctionnements, Thomas Koumou revient à la charge. Cette fois, il est entré dans les détails du processus de transformation. Lecture!

Après la présentation des profils et de la procédure administrative, passons maintenant au plat de résistance.

Le peuple togolais a appris par le biais du Conseil des Ministres en date du 13 juillet 2017, la transformation du « Groupe TOGOTELECOM » en TOGOCOM. Examinons ensemble ce qui se passe dans ce dossier avec le peu d’information dont nous disposons.

Il vous souvienne que Veille Économique a fait une proposition dans une de ses publications sur le fait qu’en lieu et place d’une fusion de l’Union Togolaise des Banques (UTB) et la Banque Togolaise pour le Commerce et l’Industrie (BTCI), il faut mettre en place une holding de reprise et quatre filiales. Cette proposition avait été faite parce qu’elle répondait parfaitement aux enjeux macroéconomiques actuels de notre pays, à l’environnement concurrentiel sur le plan national dans le secteur bancaire, à l’anticipation de la dimension sociale, financière, commerciale et stratégique du futur groupe bancaire qu’allait devenir les deux banques. Je suis désolé de dire que nous ne sommes absolument pas dans le même cas de figure pour ce qui concerne TOGOTELECOM et TOGOCELLULAIRE.

Ainsi, la création de la Holding Togolaise des Communications Électroniques (TOGOCOM), de la filiale infrastructure (Togo Infracom), de la filiale Service (Togo ServiceCom) et de la filiale (Togo InstallCom) afin d’opérer la restructuration (au lieu de transformation) des sociétés cibles ne répond aucunement aux orientations économiques que doit opérer à l’état actuel des choses, le Togo.

Vous déduisez aisément de ce qui précède, qu’on ne créé pas une holding par plaisir. Nous sommes malheureusement une fois de plus devant le fait accompli. Une série d’interrogations s’impose, entre autres : De quel type de holding nous parle-t-on ? Car, en réalité, il existe deux types de holding qui peuvent donner lieu à de multiples organisations : la “holding création” et la “holding de reprise”.

La première se fait généralement dans le cadre d’une start-up, dont l’anticipation de l’expansion des activités, sur le plan national, régional ou mondial, impose la mise en place d’une holding et ensuite la création des filiales. Dans ce cas, la holding dispose de suffisamment de capitaux pour prendre 51% des actions des filiales. Vous avez l’exemple d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI). Je vous rappelle ici que dans le cas du dossier TOGOCOM, le communiqué du Conseil de Ministres nous annonce que la holding est dotée d’un capital social de 1 milliards de FCFA (précisons toutefois que nous sommes dans un secteur à forte capitalisation en terme d’investissement et que ces genres d’opération impliquent des transferts d’actifs).

La seconde, se fait lorsqu’on souhaite acquérir des entreprises qui existent déjà dans une organisation qui par la masse de capitaux à gérer, la densité des activités ainsi que leurs diversités, enfin la densité de la ressource humaine, nécessite qu’une holding soit créée pour reprendre 51% des actifs des entreprises cibles.

C’est ce que Veille Économique a proposé pour les banques BTCI et UTB. J’ai lu, relu et « rerelu » le communiqué sanctionnant le Conseil des ministres relatif à la transformation (je veux dire restructuration) de TOGOTELECOM. J’avoue en toute franchise que je n’arrive pas à savoir si nous sommes en présence d’une holding de reprise ou d’une holding création.

Il faut préciser que dans tous les cas, nous sommes dans une opération de rapprochement de sociétés. Elle entraine parfois une opération de fusion. Dans le cas du dossier TOGOTELECOM, de quel type de fusion s’agit-il ? La question, à mon humble avis, mérite d’être posée. Sommes-nous en présence d’une opération de fusion réunion ou de fusion absorption ?

Nous en parlerons dans la prochaine publication. Espérons que d’ici là, il ne commencera pas par pleuvoir.

Puisse la Divine Providence veiller sur nous et marcher à nos cotés

Thomas Dodji Nettey KOUMOU

Veille Économique

Commentaire d'article

Umalis