Politique

Togo/Un poème de l’Ancien Premier ministre Joseph Koffigoh attire la fougue des internautes

Ancien Premier ministre du Togo,Joseph kokou Koffigoh a  joué un grand rôle dans  l’histoire politique du pays.De la politique à la musique en passant par la poésie, l’homme dispose de plusieurs cordes à son arc. Aujourd’hui c’est plus sous la casquette d’un poète qu’il fait parler de lui. Face au climat sociopolitique qui règne dans le pays,Joseph kokou Koffigoh décide d’user de son art pour s’exprimer,mais le texte n’a pas reçu un bon accueil sur la toile…

Le poème  de Joseph Koffigoh a été publié le jour  la marche du PNP le 19 juillet dernier . A travers ses vers, le poète crie son désespoir et déplore le sang versé tout en appelant les Togolais à combattre le régime les « mains nues ».  Un appel auquel quelques togolais ne répondent pas favorablement. Sur internet, les commentaires n’ont pas manqué de fuser. On reproche essentiellement à Koffigoh d’avoir « trahi » le peuple togolais et d’avoir contribué à asseoir la »dictature » qui y règne.  Dans la foulée, on lui attribue même un surnom: « Jokoko »(diminutifs combinés de ses prénoms et de son patronyme).

En effet, Joseph Koffigoh a été l’un des acteurs de l’opposition dans les années 91 et 92.  Après la Conférence nationale de 1992, il intègre le gouvernement de transition avant de rejoindre sans crier gare le camp de ceux qu’il combattait.

Il y était resté jusqu’au lendemain des élections  contestées du 27 octobre 2002 et la formation de 2e gouvernement SAMA avant d’être remercié.

 

Voici l’intégrité du poème « incriminé » :

 

Les leçons de Sokodé

 

On a cru épurés les démons du passé ;

 

Ils reviennent toujours à l’instar des moustiques,

 

Diffuser leur venin avec leur acoustique

 

Qui crèvent les tympans au risque d’en casser.

 

Des gens meurent pour ça ! Juste pour des réformes

 

Qui viendront sûrement après l’enterrement ;

 

Combien de deuil faut-il ? Combien d’adolescents

 

Doivent donner leur vie aux gens en uniforme ?

 

Combien de gendarmes ? Combien de policiers

 

Doivent donner leur sang pour qu’enfin on respire

 

Cet air du renouveau auquel chacun aspire,

 

Pour ne plus conspirer contre l’autorité ?

 

Faut-il pour épurer l’air encor vicié,

 

De nouveau convoquer les gens charismatiques,

 

Les pasteurs, les imams, les prêtres catholiques,

 

Remettre des bougies sur d’autres chandeliers ?

 

Que disent les vaudou, avec tous ces béliers

 

Qu’on a sacrifiés pour avoir la quiétude ?

 

Que font donc ces totems dont on a l’habitude

 

D’invoquer les surnoms et les noms pour prier ?

 

Les vieux, les dieux, même le Miséricordieux,

 

Demeurent silencieux à toutes les prières ;

 

Ils accueillent pourtant, après les cimetières,

 

Les âmes des martyrs de nos combats foireux.

 

Dieu même est fatigué de ces incongruités

 

Qu’on lui sert chaque jour, quand sur les plateformes,

 

Chacun à tour de rôle, on cite les réformes,

 

Sans même en connaître vraiment tous les secrets.

 

Réservons nos balles pour de meilleurs combats ;

 

Retenons nos cailloux pour que les uniformes

 

Qui maintiennent l’ordre comprennent les réformes,

 

Depuis le Lac Togo jusqu’à Namoudjoga.

 

Combattons les mains nues sans lancer des cailloux,

 

En sachant que bientôt l’avenir nous accueille

 

Avec des lauriers d’or qui brilleront, pareils

 

Aux standards des nations qui ne sont pas voyous.

 

De grâce, allons vite ! Le temps nous est compté ;

 

Le passé qui revient nous jette à la figure

 

Sa braise non éteinte et laisse des blessures ;

 

C’est bien ce que disent les morts de Sokodé.

 

Joseph Kokou Koffigoh

 

Poème inédit

 

Lomé le 19 août 2017

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Umalis