Politique

Marche du PNP du 19 août / Le ballet des condamnations continue : L’ASVITTO se prononce !

Après bien d’organisations de la société civile et de partis politiques, c’est au tour de l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) de monter au créneau pour dire tout ce qu’elle pense des répressions sanglantes des manifestations du Parti Nationaliste Panafricain (PNP) du 19 août dernier dont le bilan provisoire est de 5 morts, des blessés graves et des pertes matériels. Lecture !

DECLARATION RELATIVE AUX REPRESSIONS SANGLANTES DES MANIFESTATIONS DU PARTI NATIONALISTE PANAFRICAIN (PNP) LE 19 AOUT 2017 : UN BILAN PROVISOIRE DE CINQ (5) MORTS, DES BLESSES GRAVES DONT UN MILITAIRE ET DES DIZAINES DE MILITANTS ARRETES ET TORTURES DANS LES LIEUX DE DETENTION

  • L’ASVITTO dénonce le déploiement des militaires et l’utilisation d’armes à feu dans les manifestations pacifiques et tient le gouvernement pour responsable du triste et douloureux bilan.
  • L’ASVITTO rend un vibrant hommage à ce militaire qui s’est refusé de faire usage de son arme automatique (kalachnikov) pour éviter le carnage.

Le Parti National Panafricain (PNP) a maintenu son appel à manifester pacifiquement et simultanément dans plusieurs villes du pays et de l’extérieur, ce 19 Août 2017 en vue de réclamer le retour à l’ordre constitutionnel adopté par référendum en Octobre 1992 et l’effectivité du vote de la diaspora Togolaise. Suite à un prétendu malentendu sur les itinéraires à parcourir, les forces de l’ordre, de sécurité et de défense ont été déployées sur ordre du gouvernement partout sur les lieux de manifestations et ont réservé une répression sanglante avec un usage excessif de la force et des armes à feu qui ont occasionné, selon un bilan sérieux et provisoire au moins cinq (5) morts, des blessés graves dont un militaire, et des dizaines de personnes arrêtées et torturées dans les lieux de détention parmi lesquelles des responsables locaux et nationaux du parti PNP. Ce triste bilan concerne plusieurs villes du Togo à savoir: Sokodé (350 km au nord de Lomé), Kara (400 km au nord de Lomé), Anié (200 km au nord de Lomé) ; Kpalimé (50 km au nord-ouest de Lomé), Bafilo (370 km au nord de Lomé), et Lomé la capitale.

L’ASVITTO tout en rappelant que l’absence de consensus sur les itinéraires ne peut être privilégiée sur le droit de manifester que garantissent la Constitution Togolaise et les conventions internationales ratifiées par le Togo (La Déclaration Universelle des Droits de l’homme, le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, la déclaration de Bamako), elle déplore d’abord le caractère disproportionné entre la sanglante répression et le mobile insignifiant de cette répression.

Ceci étant, les responsabilités ne sauraient être partagées et c’est pourquoi, l’ASVITTO rend l’entière responsabilité de tous ces événements douloureux au gouvernement qui aurait pu éviter ces morts.

Elle présente toutes ses condoléances aux familles éplorées et au PNP, et souhaite également prompte rétablissement à tous les blessés.

L’ASVITTO voudrait particulièrement rendre hommage à ce vaillant militaire qui a évité un carnage en se refusant de faire usage de son arme automatique (kalachnikov) afin de sauver des vies humaines, elle salut l’humanisme de ce soldat et invite les corps habillés à copier ce modèle de patriotisme.

Elle invite particulièrement le ministre de la sécurité à l’application pratique des Normes Relatives aux Droits de l’Homme à tous les niveaux du maintien d’ordre afin de mettre la vie de tous les Togolais au centre de toute préoccupation professionnelle.

Elle convie les forces de l’ordre et de police, à se délier de tout ordre manifestement illégal et se mettre sous la protection de l’Article 21.5 de la Constitution Togolaise qui affirme que: « tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte grave et manifeste au respect des Droits de l’Homme et des libertés publiques »

L’ASVITTO fustige et condamne la barbarie et l’horreur des militaires du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) et d’autres régiments sur les manifestants et exige l’ouverture d’une enquête pour punir les auteurs de toutes les atteintes à l’intégrité physique des manifestants.

Elle dénonce également les représailles des militaires sur les manifestants de l’opposition qui se déroulent en ce moment même et avec de nouvelles arrestations à Kara, à Sokodé, et à Lomé, et demande la libération de toutes les personnes arrêtées.

L’ASVITTO interpelle la communauté internationale à intervenir pour le respect des droits de l’Homme au Togo.

Fait à Lomé, le 21 Août 2017

Pour l’ASVITTO

Le Président

Monsieur ATCHOLI K. Monzolouwè

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