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Architecture et urbanisme : Le togolais qui rêve de « transposer les codes du village à la ville »

Il s’appelle Sénamé Koffi Agbodjinou. C’est un touche-à-tout qui ne se s’identifie à aucun domaine donné. Ce Togolais de 37 ans qui a créé Woelab (un laboratoire de fabrication) est souvent présenté comme un as du secteur « tech » en Afrique de l’Ouest. Sa passion pour l’urbanisme et l’anthropologie a fait germer dans son esprit l’idéologie d’une « ville néovernaculaire africaine ».

Pour lui, cette ville imaginaire devrait être créée sur la base des habitats et coutumes traditionnelles africaines en tenant compte des facteurs climatiques. La matière première serait des matériaux locaux et les habitations façonnées par ses habitants eux-mêmes. « Je suis beaucoup parti travailler avec des ONG qui font ce que j’appelle de la construction humanitaire. J’ai toujours été déçu. Ils étaient très contents quand ils avaient construit une petite maison pour un paysan dans son village, mais ne voulaient pas faire cela à plus grande échelle, et surtout pas s’attaquer à la ville », a-t-il déclaré.

De ces yeux d’architecte et porté par son amour pour l’urbanisme, Sénamé Koffi trouve que « la ville n’est pas le prolongement du village africain ». « Je me suis toujours demandé à quoi ressembleraient les villes si elles étaient entrées dans la modernité de manière apaisée. La corde a été coupée. On a mis un morceau de métal au bout de cette corde, et même si, sur le papier, nous les Africains, sommes décolonisés, nous n’avons pas produit l’effort d’essayer de revenir tisser notre propre histoire au bout de l’ancienne corde », explique-t-il.

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