Société

Togo / Le calvaire des conducteurs de taxi : Plus de 80 000 FCFA de taxes par an !

Dans la capitale togolaise comme bien de capitales africaines, les taxis constituent les moyens de transport privilégiés de la population. Ils sont reconnaissables à leur plaque d’immatriculation jaune, leur toit jaune ou l’enseigne marquée « Taxi ». Appartenant soit à un particulier ou à un syndicat, les taxis circulent dans les différents quartiers de la ville de Lomé à longueur de journée. A part le mauvais état des routes qui compromet sérieusement la santé des conducteurs, il y a une autre contrainte non négligeable à laquelle ils sont confrontés.

Des taxes à n’en point finir ! C’est à quoi se résume le quotidien des conducteurs de taxi : un ticket de mairie à 150 FCFA et un autre dénommé « Ticket du jour » à 100 FCFA. Selon les informations, les recettes provenant des tickets de mairie sont destinés à entretenir les infrastructures routières alors que l’itinéraire du « Ticket du jour » reste floue pour la plupart. « Ne vous faites pas de la peine pour savoir. Cet argent ne se retrouve que dans la poche d’une seule personne », a déclaré un conducteur de taxi visiblement énervé par la question. En dehors de ces taxes, ils doivent obligatoirement avoir une certification de l’Office Togolais des Recettes « Carton IRTR-V Commissariat des Impôts » qui leur coûte 4500 FCFA par trimestre.

Gare au conducteur qui ne se plierait pas à ces règles ! Ce sera pour lui un vrai chemin de croix depuis la confiscation de son véhicule jusqu’à la récupération : des billets de banques à distribuer tout au long du processus. « Tous ces frais font que parfois nous sommes obligés de faire de la surcharge pour pouvoir rentrer à la maison avec quelques sous dans la poche », a confié un taximan. Mais, les forces de police présentes sur les routes et aux carrefours importants de la ville mettent aux arrêts ces malheureux taxis bondés et soutirent aux chauffeurs quelques pièces d’argent.

« Quand on est dans cette situation, on paie une caution et le tour est joué. Il n’y a pas question de sanctions. Qui va t’arrêter pour faute de surcharge ? Il suffit de glisser quelque chose à la personne et tu es libre. Entre forces de sécurité et nous, il n’y a pas de problème. Il faut te soumettre à la règle. Chacun doit manger et on se comprend », ironise un autre. Mais cela ne résout pas le problème des taxes trop diversifiées auxquelles ils sont soumis. Taxes exorbitantes, routes abîmées, racket et corruption, non respect du code de la route, insécurité des passagers : autant de facteurs à risque qui sont à l’origine de nombreux accidents de circulation et portent un coup fatal à l’économie togolaise.

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Umalis