Economie

Blaise Ayao Amoussou-Kpeto critique les « diktats » du FMI

« Mais contre seulement 241,5 de dollars US de facilité élargie de crédit (FEC) sur 3 ans, le FMI impose au Togo ses conditionnalités archaïques et rébarbatives, au lieu d’imposer des conditions claires de bonne gouvernance, de meilleure gestion des finances publiques et de lutte contre la corruption ». C’est l’analyse de l’Expert financier, Blaise Ayao Amoussou-Kpeto, de la situation actuelle du Togo après sa signature de la Facilité élargie de crédit (FEC) avec le Fonds monétaire international (FMI). Lisez !

« La rhétorique des ajustements structurels du FMI sont de retour. Après la Grèce et plus récemment les pays de la zone BEAC, la zone cousine de l’UEMOA dans la zone Franc tant décrié en ce moment, c’est au tour de mon pays, le Togo de subir les diktats du FMI. Oui, j’avais salué la signature de l’accord avec le FMI que le Conseil d’administration de cette institution vient d’approuver.

Mais contre seulement 241,5 de dollars US de facilité élargie de crédit (FEC) sur 3 ans, le FMI impose au Togo ses conditionnalités archaïques et rébarbatives, au lieu d’imposer des conditions claires de bonne gouvernance, de meilleure gestion des finances publiques et de lutte contre la corruption, le FMI demande l’audit des 2 banques publiques UTB et BTCI et une étude sur l’évasion fiscale. Or ces deux banques sont sur un programme de privatisation depuis 2008.

De ce fait, elles ont été auditées par des grandes firmes d’audit pour le compte des candidats investisseurs mais aussi par la commission bancaire de l’UEMOA, le Gendarme des banques et la zone BCEAO. Tous les rapports sont disponibles; que cherche encore le FMI avec cette condition de rétropédalage ?

Pour l’évasion fiscale, plus besoin d’audit coûteux, les pistes sont là, claires pour remonter directement aux fraudeurs et renflouer immédiatement les caisses de l’État. Tous les marchés publics sont connus mêmes ceux qui n’ont pas fait l’objet d’appels d’offres. Tous les attributaires sont donc connus, les paiements qu’ils ont reçus au titre de ces marchés peuvent facilement être retracés sur les comptes du Trésor Public ou dans les banques domiciliataires de ces marchés. On peut donc ainsi connaître ces attributaires de marchés aussi bien publics que privés qui n’ont pas payés les taxes et impôts sur les marchés ainsi que tous les fonds qui ont fait l’objet de transferts frauduleux à l’étranger.

Pour les agents économiques qui ont acheté/vendu par exemple des actifs immobiliers sans acquitter les impôts et taxes sur les plus-values de cession, les traces sont dans les livres des banques. Je viens ainsi de faire une bonne partie des audits que demande le FMI. Que recherche réellement le FMI par ces conditionnalités d’un autre âge?

Je crois que le FMI doit se réformer lui-même en recherchant les conditions proactives et innovantes et en allant droit au but en définissant clairement les conditions d’une bonne gouvernance et d’une meilleure gestion des finances publiques aux États pour qu’ils aillent au bout de leurs potentialités de croissance et de plein emploi. C’est à ce prix que le monde qu’on va laisser aux générations futures sera meilleur. »

Blaise Ayao Amoussou-Kpeto

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