Culture & Réligion

Togo / Édition 2017 de la prise de la pierre sacrée : Que nous réservent les Guin?

Sacrilèges, exactions de tout ordre, comportements irresponsables des autorités traditionnelles : c’est en résumé le tableau que nous présentent les fêtes traditionnelles dans notre pays. L’essence de ces commémorations a été éclipsée au détriment d’une connotation purement festive qui laisse le champ libre à toute forfaiture. C’est ainsi que la cérémonie de la prise de la pierre sacrée chez les Guins du Togo, une tradition vieille de plus de 3 siècles, s’est réduite au fil du temps à du pure folklore.

D’après les informations, le sieur Aminou Ayayi alias Nii Mantchè est présenté comme l’instigateur des troubles lors de cette fête traditionnelle. L’édition de l’année dernière a été marquée par la prise de 2 pierres « sacrées » au lieu d’une, sur fond de rivalités internes. Suite à cet évènement,  le collège des chefs Gê des cantons de la préfecture des Lacs s’est réuni le 14 mai 2017 pour réparer les torts et sommer Nii Mantchè à présenter des excuses au peuple Guin. A l’issue de trois heures de discussions, il a été décidé que ce dernier est suspendu de toutes les cérémonies des us et coutumes dans la localité pour une durée de deux ans et que tous les titres lui sont retirés.

Après avoir reconnu ses torts et demandé pardon aux chefs traditionnels, Nii Mantchè avait promis de se mettre à l’écart des cérémonies de prise de la pierre sacré de cette année 2017. Mais contre toute attente, à l’approche de la cérémonie qui aura lieu le 14 septembre 2017, il change d’avis et commence les préparatifs de son côté. Ce comportement relève de l’incivisme et du non-respect de l’autorité du Roi Gê Fioga Foli-Bébé XV et de la tradition. Les trois députés issus de la préfecture des Lacs font de leur possible pour lui faire entendre raison en vain. Si le problème n’est pas résolu d’ici 1 mois, il y a probabilité que le peuple Guin sera de nouveau l’objet de railleries. Cette situation dépeint les conséquences de l’intervention de l’Etat dans les affaires relevant des us et coutumes.

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Umalis