Economie

Togo/ Edem Kodjo: »Il faudra abandonner le Franc CFA un jour »

Réputé être un panafricaniste averti, le président de la fondation Pax Africana, Edem Kodjo  ne reste pas indiffèrent au débat sur le franc CFA . Dans une interview accordée à un journal privé de la place, l’ancien premier ministre togolais se prononce sur la nécessité ou pas d’abandonner cette monnaie qui ne cesse d’alimenter les débats.

Selon  Edem Kodjo , malgré toute la polémique auquel  il  est sujet , le franc CFA n’est pas fatale à l’Afrique. Tout en se livrant à une petite analyse, l’ex secrétaire général de l’OUA semble indécis quant à l’abandon de la monnaie puisque , pense-t-il , le franc CFA «  a fait ses preuves depuis de longues décennies par la discipline et la rigueur qu’elle a su imposer à cette zone monétaire, lui évitant ainsi des tourments et des errements divers, même si ce n’est pas gratuit. Toutefois, elle cède d’une manière ou d’une autre, une partie de la souveraineté de nos pays, sachant que la monnaie est l’un des domaines avérés de l’exercice de celle-ci, mais surtout parce qu’elle freine une certaine audace en termes de volonté de développement et de risques salutaires à assumer pour ce développement ».

Pour edem Kodjo, « ce débat n’est pas nouveau », rappelle t il en se livrant à un petit exercice de mémoire. « Feu Président Eyadema avait posé ce problème publiquement et presque dans les mêmes termes, lors du voyage officiel du Président Français Georges POMPIDOU au Togo en 1972. Je l’avoue aujourd’hui, c’est moi qui ai écrit ce discours pour le chef de l’Etat. Discours que nous avions maintenu strictement secret jusqu’à son prononcé. Ce courage ou cet affront, c’est selon, avait bousculé les règles protocolaires habituelles et fait beaucoup de bruit dans les milieux économiques français de l’époque. C’est cela qui conduit aux réformes profondes opérées au niveau de la BCEAO et de l’UEMOA à cette époque (1973-1975) ; avec la refonte des règles de la banque, la nomination d’un Africain à la tête de l’Institution et le transfert du siège à Dakar » .

Le panafricaniste estime que sortir de la zone CFA nécessite  beaucoup d’organisation. « La Mauritanie, Madagascar et la Guinée ont dit non à cette monnaie ; pour autant ils ne se portent pas mieux que les autres. Etre en dehors de la zone franc Cfa n’est pas en soi une garantie de succès ni de bonne gouvernance et en faire partie ne rime pas forcément avec échec », explique Edem Kodjo avant de conclure. « il faudra abandonner d’une manière ou d’une autre cette monnaie un jour, mais ce n’est pas avec une simple incantation, c’est plutôt une question de volonté, de vision et de courage ».

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Umalis