Economie

CEDEAO : Selon Thomas Koumou, la théorie de la limitation des naissances n’est pas la solution

Dans une de ces publications intitulée « La CEDEAO à la croisée des chemins: de la limitation des naissances sans aucune analyse macroéconomique », l’économiste togolais porte un regard critique sur la nouvelle « formule » de la Cedeao portant sur la limitation des naissances. Est-ce vraiment la solution aux problèmes de croissance et de développement des états africains ?

« Bonjour à tous, J’ai survolé hier dans une de mes publications, l’une des théories les plus célèbres en économie portant sur la population. Je souhaiterais revenir ce matin sur cette doctrine en vous laissant juge de la provenance de cette idée portant sur la limitation des naissances qui malheureusement prend corps au parlement de la CEDEAO.

C’est l’économiste anglais Thomas Robert MALTHUS, (1766-1834), pasteur anglican de son état, devenu professeur d’économie politique, qui pour justifier les privilèges de l’aristocratie foncière de l’époque, prédit le retour de la famine à travers sa théorie de la population. En effet, ce dernier a publié en 1798, “Essai sur le principe de la population”. Il estime que la population croit de façon naturelle en suivant les principes d’une suite géométrique, a, aq, aq^2, aq^3, aq^4,u_(n+1)=qu_n,u_0=a.

Par contre, les subsistances ne peuvent croitre qu’en suivant les principes d’une suite arithmétique, u_ (n+1)=u_n+r. En termes simples, Thomas Robert MALTHUS estime que la population croît de 1, 2, 4, 8, 16, 32…., pendant que les nourritures croissent de 1, 2, 3, 4, 5 etc…

De cette tendance, à la surpopulation, découle la misère des travailleurs selon T. R. MALTHUS. Cette misère est selon lui, le meilleur des stimulant à la fois pour que les pauvres limitent eux-mêmes leur fécondité. De cette nécessité de la misère, il déduit qu’il faut que le pouvoir britannique de l’époque supprime toute forme d’assistance publique aux pauvres ; elle ne pourrait que les inciter davantage à la procréation en altérant leur libre arbitre.

Cette doctrine de MALTHUS, qui vise à restreindre volontairement la croissance démographique par une limitation des naissances en vue de rétablir l’équilibre entre les ressources et la population, a une étrange similitude avec les préceptes qui sont développés actuellement pour expliquer le retard de l’Afrique en termes de développement par rapport au reste du monde.

J’ai écouté avec attention les déclarations d’un grand parlementaire du parlement de la CEDEAO qui faisait des comparaisons entre les taux de fécondité et les taux de croissance économique de nos pays qui, rappelait-il, sont en moyennes de 5% ou 6%. On comprend aisément que nos gouvernants estiment par cette volonté qu’ils sont incapables de travailler de manière à ce que nos pays puissent avoir des taux de croissance économique à deux chiffres. On pourrait également en déduire qu’ils estiment qu’il est impossible de réaliser des taux de croissance supérieurs à 5% ou à 6%. Dans ce cas, je me demande pourquoi ils ne quittent pas le pouvoir pour laisser la place à ceux qui peuvent réaliser des taux de croissance à deux chiffres ?

Le défi auquel la jeunesse africaine est dorénavant confrontée est le suivant : comment se débarrasser de gouvernants qui nous annoncent qu’ils sont incapables de réaliser des taux de croissances deux ou trois fois supérieurs au taux de fécondité et qui les armes à la main, refusent de quitter le pouvoir ?

Je laisse chacun méditer sur cette problématique. Je finirai cette tribune avec une citation du célèbre pasteur économiste Thomas Robert MALTHUS, je cite :

“Un homme qui est né dans un monde déjà occupé, s’il ne lui ai pas possible d’obtenir de ses parents les subsistances qu’il peut justement leur demander et si la société n’a nul besoin de son travail, n’a aucun droit à réclamer la moindre part de nourriture et en réalité il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n’y a point de couvert disponible pour lui : elle lui ordonne de s’en aller et elle ne tardera pas elle-même à mettre son ordre en exécution. Essai sur le principe de la population, Londres 1798.”

Et il faut dire que cet homme était un pasteur. Il ne faut donc pas être surpris que de telles concepts soient développées dans le siècle actuelle parce qu’on estime que les pauvres deviennent un fardeau ou que la jeunesse africaine est une bombe qui pourrait bouleverser l’ordre mondial actuellement préétabli. Qui a peur du nombre en Afrique ? Qui a intérêt à ce que l’Afrique n’atteigne pas 2 milliards d’habitants dans quelques années ?

Pour ma part, je reste persuadé que les problèmes de croissance et de développement de nos états en Afrique sont fortement corrélés à la mauvaise gouvernance.

Puisse la Divine providence veiller sur nous et marcher à nos côtés. »

Thomas Dodji Nettey KOUMOU

Veille Economique

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