Economie

Togo: 5 facteurs compromettent la lutte contre la pauvreté selon la Banque mondiale

Le Togo a pris part au Forum politique de haut niveau sur les ODD qui a eu lieu tout récemment à New York aux États Unis. Le mercredi 19 juillet, le premier ministre Sélom Komi Klassou a présenté le rapport sur la situation du Togo en matière de mise en œuvre des 7 objectifs (1, 2, 3, 5, 9, 14 et 17) retenus par les nations unies. Il ressort de cette présentation que la pauvreté a diminuée mais d’un taux insignifiant selon la Banque mondiale (BM), qui indique que 5 facteurs entravent la lutte contre la pauvreté au Togo. Lire l’analyse de Thomas Koumou président de Veille économique.

La dernière fois nous vous présentions la première partie de notre intervention au sommet citoyen de la CEDEAO organisé par les Universités Sociales du Togo (UST).

Nous avions fini cette première partie en faisant le constat selon lequel, la mauvaise gouvernance était essentiellement à la base de tous les maux dont souffrent nos peuples.

Pour illustrer nos propos, nous allons nous appuyer sur le dernier document publié par la Banque Mondiale (BM) sur le Togo, le 19 septembre 2016. Il faut relever que dans le cadre d’une meilleure définition des relations de la BM avec ses partenaires, cette dernière a décidé d’élaborer des SCD, Systematic Country Diagnostic afin de profiler davantage les rapports avec les pays tiers.

Dans le cas du Togo, la BM a identifié clairement cinq facteurs qui entravent la réduction de la pauvreté et la promotion d’une prospérité partagée. Ces facteurs sont : les défis de la bonne gouvernance, la faiblesse de la gouvernance budgétaire, les barrières (politiques, règlementation) qui entravent l’activité du secteur privé, le niveau d’imposition élevé et distorsion de la politique fiscale, les mauvaises performances dans la prévention des maladies et dans la prestation des soins de santé.

Examinons le premier facteur qui retient notre attention par rapport à la thématique qui nous est proposée. Au niveau de ce facteur qui est intitulé « les défis de la bonne gouvernance », la BM a identifié une batterie d’indicateurs (Worldwide Governance Indicators, WGI) à partir desquels une étude comparative a été menée afin de situer le Togo par rapport au monde en terme de gouvernance. Les indicateurs retenus sont :

-reddition des comptes

-état de droit

-efficacité gouvernementale

-lutte contre la corruption

-qualité des règlementations

Au terme de cette étude, la BM estime que malgré les efforts des gouvernants, le Togo ne devance que 9,6% des pays dans le monde au regard des indicateurs de la WGI. Autant dire que le Togo se trouve parmi les derniers au monde. Les deux principaux indicateurs qui entravent fortement le progrès du Togo sont : la lutte contre la corruption et l’efficacité gouvernementale.

Cette étude montre clairement l’existence d’une mauvaise gouvernance qui constitue ainsi un handicap majeur à l’élaboration et l’exécution de politiques économiques susceptibles de créer de la richesse, de promouvoir l’égale répartition des richesses, gage d’une cohésion sociale renforcée.

A Veille Économique, nous avons à plusieurs reprises insisté sur le fait que l’absence de progrès du Togo sur tous les plans, avait pour cause principale la mauvaise gouvernance. Face à la similitude observée au niveau des autres pays de la CEDEAO y compris les états qui ont leur propre monnaie, il est clair que la société civile de la CEDEAO, les peuples de la CEDEAO, se doivent de prendre leur responsabilité pour garantir aux générations futures un avenir meilleur dans un monde de plus en plus complexe.

Puisse la Divine Providence veiller sur nous et marcher à nos cotés.

Thomas Dodji Nettey KOUMOU

Veille Économique

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