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Togo / Université de Lomé : La LTDE a le soutien de l’UGEB et de l’UNSEB

Un communiqué conjoint de la Ligue Togolaise des Droits des Etudiants (LTDE) , de l’Union Générale des Etudiants Burkinabè (UGEB) et de l’Union Nationale des Scolaires et Etudiants du Benin (UNSEB) a été rendu public pour relater la situation qui prévaut actuellement sur le campus universitaire de Lomé. Lecture !

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DÉCLARATION SUR LA SITUATION À L’UNIVERSITÉ DE LOMÉ

-Camarades étudiantes et étudiants

-Camarades élèves,

Le 14 juin 2017, les camarades Satchivi Foly, président de la Ligue Togolaise des Droits des Etudiants (LTDE) et Amagbégnon Marius, responsable à la sécurité de la Ligue ont été arrêtés puis embastillés au cours d’une Assemblée générale tenue le même jour par la LTDE. Il s’en est suivi un procès, le lundi 26 juin, au cours duquel les deux camarades ont été condamnés à 12 mois d’emprisonnement avec sursis, ce, après onze jours de détention dans des conditions ignobles.

Mais que se passe-t-il exactement à l’Université de Lomé ?

Camarades étudiantes et étudiants

Camarades élèves,

La LTDE  a engagé dès le début de l’année académique 2016-2017, une lutte autour de sa  plateforme revendicative (levée de l’interdiction d’accès aux salles et amphis par les étudiants en dehors des heures de cours et d’évaluations, l’augmentation de la durée de connexion au Wifi, l’augmentation du taux de la tranche/aide financière et l’élargissement de sa base d’octroi, etc.). Se sont succédées alors une série d’actions (audiences, Assemblées Générales, etc.) en vue de faire aboutir les justes et légitimes revendications. Ainsi, le mardi 13 juin, la Ligue a obtenu une audience avec le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Elle convoque une Assemblée générale dès le lendemain pour  faire le point de l’audience aux étudiants. A peine  l’Assemblée générale a-t-elle commencé que des vigiles munis de cailloux, de bâtons et des câbles envahirent la foule  en s’en  prenant notamment  au  Président Foly Satchivi  qu’ils ont enlevé  puis  conduit à une destination inconnue.

Comme il fallait s’y attendre, les étudiants se sont massivement mobilisés pour exiger la libération du camarade SATCHIVI à travers une marche.  Cette manifestation pacifique sera sauvagement réprimée par les forces dites de l’ordre. Au bilan, on compte des centaines d’étudiants blessés et/ou asphyxiés et bon nombre d’étudiants arrêtés puis incarcérés à la prison civile de Lomé. Suite à la détermination des étudiants, les responsables de la Ligue et tous les étudiants en détention ont été conduits au tribunal pour être jugés. À l’issue d’un premier procès en date du 20 juin, les juges ont qualifié irrecevables les charges portées contre eux et ont prononcé leur libération. En dépit de ce verdict, le pouvoir impopulaire de Faure Gnassingbé  a décidé de maintenir les camarades Satchivi et le chargé à la sécurité de la Ligue à la prison civile de Lomé jusqu’à la date du 26 juin 2017.

Cela est d’autant plus révoltant que la vie du camarade SATCHIVI était en danger au regard de sa santé déjà fragile au moment de son arrestation et des conditions de détention exécrables qui lui ont été imposées à la prison civile de Lomé.

C’est finalement le 26 juin que les camarades seront jugés puis condamnés avec sursis pour prétendument avoir porté atteinte à l’ordre public.

Camarades étudiantes et étudiants,

Camarades élèves,

Le seul tort des camarades arrêtés, s’il en est un,  a été de se battre pour une université accessible aux enfants du peuple. En effet depuis sa création en juin 2016, la LTDE a fait de la défense ferme des intérêts matériels et moraux des étudiants, son cheval de bataille. Son engagement sur ce chantier, lui vaut en un an d’existence, la confiance de la large majorité des étudiants Togolais. Cette émergence du mouvement étudiant d’orientation révolutionnaire à l’Université de Lomé devient dérangeante pour les autorités universitaires et le pouvoir de Faure GNANSINGBÉ, connus pour leur politique de marginalisation  et d’oppression du peuple Togolais. Ainsi,  ils jouent des pieds et des mains pour liquider l’organisation et museler les étudiants. C’est pourquoi, nous, membres signataires de cette déclaration :

–          manifestons notre solidarité avec toute la jeunesse estudiantine Togolaise en général et les camarades de la Ligue en particulier ;

–          dénonçons la répression barbare dont ont été victimes les étudiants de l’université de Lomé ;

–          exigeons le départ de la police universitaire, véritable force répressive ;

–          exigeons la résolution effective des justes et légitimes revendications de la LTDE.

Par ailleurs,  nous appelons les étudiants togolais à rester mobilisés autour de leur organisation et à ne point céder à la peur, au découragement et à la répression car leur avenir en dépend.

Non à la remise en cause des franchises et libertés académiques !

En avant pour le respect des libertés syndicales à L’Université de Lomé !

Ouagadougou le 06   Juillet 2017

Ont signé

Pour la LTDE

Le Secrétaire Général,

AMENUVEVE Basile

Pour l’UGEB

Le Secrétaire Général,

BADO Vincent Yipô.

Pour l’UNSEB

Se Secrétaire Général,

Damien DEGBE

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