Politique

Le regard de Spéro Mahoulé du CACIT sur le processus de purification du Togo

Le lundi 3 juillet dernier, le Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) a tenu une conférence de presse pour annoncer le début des cérémonies de purification du Togo comme prévu par le conseil des ministres du 22 juin dernier. L’apothéose de ces rites aura lieu pour la religion traditionnelle ce jeudi 06 juillet, pour la religion musulmane le vendredi 07 juillet et pour la religion chrétienne le dimanche 09 juillet 2017. Bien que cette purification est bonne en soi, plus d’un ne partagent pas le processus de mise en œuvre.

C’est le cas de Spéro Mahoulé, président du collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT). Intervenant sur Victoire Fm mardi dernier, l’homme estime qu’avant de purifier la « Terre de nos aïeux » du sang des innocents, les bourreaux doivent faire des aveux et présenter des excuses. « Normalement, il y a un certain nombre de délits ou d’infractions. Et quand vous les commettez, vous devez les reconnaitre, les confesser et demander pardon avant qu’on vous fasse la purification. C’est ce qui se fait chez les Catholiques. Je ne sais pas si on escamote cette partie du processus. Sinon, depuis qu’on a commencé le processus de purification, on voit que des victimes. On n’a vu nulle part les auteurs des infractions. Ils ne sont pas venus demander pardon. Et ils n’ont pas reconnu les tors causés », a-t-il souligné.

Cette analyse est partagée par bon nombre de togolais. C’est aussi le cas de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) parti de l’opposition, qui qualifie cette cérémonie de purification de comédie. Pour d’autres encore, c’est la promotion de l’impunité du chef de l’État qui continue.

Le président du CACIT pense que cette manière de procéder ne peut aboutir d’autant plus que le sang des fils et filles du Togo continue par mouiller le sol du pays et que les bourreaux courent librement les rues.

 

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Umalis