Politique

La question des réformes et de la proposition de loi ANC-ADDI fait réagir Dr Wala

Dans une note rendue publique, Dr Wala Kperkouma, Maître de conférences, Enseignant chercheur à l’Université de Lomé et Secrétaire général du Parti ADDI, a présenté son opinion par rapport au rejet de la proposition de loi de l’ANC-ADDI ainsi que la visible obstination du gouvernement togolais à opérer au plus vite les réformes politiques tant désirées. Pour sa part, il invite les pouvoirs publiques à privilégier l’intérêt du peuple togolais.

Les réformes constitutionnelles pour le peuple togolais et non pour ou contre des leaders !

Il est bienséant de marquer des arrêts lors d’un parcours pour contempler son oeuvre, et rectifier, améliorer ce qui doit l’être, peaufiner, ou carrément changer de méthodes, de technologie ou de paradigme. Cela est impératif dans tout domaine et bien sûr dans celui de la politique et c’est ainsi que les sociétés façonnent leur organisation et fonctionnement à travers l’histoire.

Le blocage actuel des travaux à la commission des lois de l’assemblée nationale nous interpelle tous en tant que citoyens. Il nous revient d’analyser en toute objectivité le travail de nos députés, représentant du peuple à l’hémicycle.

Depuis juin 2014, nous assistons impuissants au ping pong de l’intransigeance des uns contre et le dilatoire des autres. Bref on piétine sur la question des réformes constitutionnelles. Alors que tous les togolais y compris les députés, les dirigeants, les confessions religieuses sont conscients de l’impact négatif du malaise politique sur les autres secteurs de la vie socio-économique.

Tous les togolais, les partenaires et autres observateurs s’accordent à reconnaître que le Togo va mal, et ce mal a sa racine dans la gouvernance politique de notre pays. Et pourtant, en dépit des diagnostics et des nombreux cadres et propositions de solutions, nous refusons d’en prendre la potion, chaque camp étant campé sur ses positions. En juin 2014, le rejet était motivé par la question de la candidature du champion de UNIR, idem pour la proposition ANC ADDI CAR d’octobre 2015, mais en août 2016, changement de raison, les députés UNIR se fondent sur les conclusions de l’atelier du HCRRUN, et aujourd’hui c’est plutôt les travaux de la commission des réformes. Une belle dynamique dans le dilatoire !

Des analyses font état du manque de lobbying de couloir pour rapprocher les positions. Et pourtant nous savons que les députés se parlent, dansent même la rumba ensemble. Pourquoi n’arrivent il pas à rapprocher leur position quand il s’agit de décider pour le bien du peuple togolais ?

Cela m’amène à ces questions de fond : pour qui ou contre qui fait on les réformes ? Les réformes en question, sont elles une nécessité pour le Togo ou un cadeau que les députés de la majorité devraient faire à leurs collègues de l’opposition ? Les réformes doivent elles être faites contre un individu ? À chaque citoyen lambda ou gamma ou encore alpha, de se donner des réponses en toute conscience citoyenne.

Pour la question de la candidature de FEG qui est souvent au coeur du débat sur les réformes, elle ne devait aucunement constituer un facteur de blocage. En effet, FEG est à son 3 e mandat et doit imprégner sa volonté à travers des actions fortes pour l’effectivité de ces réformes indispensables pour un réel impact des efforts consentis dans les autres secteurs de la vie socio-économique de notre pays. De l’autre côté, le CFO et les partis de l’opposition doivent adopter une posture de consensus et se préoccuper moins d’une éventuelle 4 e candidature de FEG.

Une fois les réformes opérées il reviendra au camp de l’opposition de mieux s’organiser pour la victoire dans les urnes.

À l’endroit des députés, il est fondamental que nos représentants à l’assemblée nationale travaillent dans l’intérêt de la nation.

Si du côté de la majorité, nous devons rappeler que le faux fuyant n’efface jamais un problème, pour les députés de l’opposition nous rappelons la nécessité de négociations et actions stratégiques lorsque les rapports de forces sont très disymetriques. Ces derniers doivent renforcer davantage le lobbying de couloir et agir sur les éléments de blocage.

Les réformes sont une nécessité pour le Togo comme le mentionnent de nombreux documents politiques et de stratégie. Elles doivent être opérées pour le peuple et non pour favoriser ou défavoriser tel ou tel autre leader politique.

J’en appelle aussi à la vigilance et à la responsabilité du peuple togolais qui détient le réel et plein pouvoir. En effet les querelles au sein de la classe politique impactent négativement la vie des citoyens et freinent notre élan de développement. Le Togo est classé parmi les pays les plus tristes du monde et le malaise politique en est pour beaucoup. Il est temps que chaque maillon de notre société s’éveille et s’active dans l’exercice du devoir de contrôle de l’action publique par les citoyens.

Chers camarades politiciens de tout bord, à trop tirer sur la corde, elle finit par se rompre. N’oublions pas du tout d’où nous venons et surtout nos engagements pour que les événements douloureux de notre histoire ne se reproduisent plus.

Togolais vient, bâtissons la cité !

Dieu et nos aïeux bénissent le Togo.

Wala Kperkouma

Citoyen togolais

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