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Togo / Patron Henekou : « La jeunesse africaine est l’espoir du continent »

Dramaturge et poète togolais, Patron Henekou a à son actif des poèmes et pièces de théâtre en français et en anglais qu’il a fait lire et jouer à Lomé, Kara et Accra. Après Dovlo Or A Worthless Sweat, une pièce de théâtre en anglais parue en 2015, il publie deux ans plus tard aux Editions Awoudy à Lomé Souffles d’outer-cœur, une poésie en français à propos de laquelle nous lui avons posé quelques questions.

Quels sont les thématiques sur lesquelles repose votre recueil de poèmes ?

Les vers que j’ai couchés dans Souffles d’outre-cœur parlent de l’amour, du chagrin, du désespoir, de la politique, de la migration et… peut-être un peu de haine. Pas beaucoup, mais juste une petite haine.

Quand on prend par exemple le thème de la migration. Comment l’avez-vous véhiculé à travers votre œuvre ?

Il s’agit ici de la migration physique, c’est-à-dire le déplacement d’un point A à un point B. D’une part, elle peut être comprise comme le départ de l’Afrique vers l’Occident. C’est un phénomène actuel qui n’a pas besoin d’explication, on le voit et on le vit tous les jours. L’aventure, la traversée des océans… et ce que ça coûte au continent africain. Ne dit-on pas que la jeunesse est l’espoir de demain ? Quand on regarde aujourd’hui ces jeunes déserter l’Afrique et surtout, mourir dans les flots cela nous interpelle tous. Mais, on assiste à une certaine indifférence de la part des présidents africains qui ne semblent nullement s’inquiéter alors qu’il relève de leur responsabilité de protéger cette jeunesse.

D’autre part, la migration s’exprime dans Souffles d’outre-cœurs comme cet amour-là qui passe d’un cœur A vers un cœur B et qui devient créateur d’intérêt pour l’autre et pour tout ce qui se passe autour de soi. Et si, cette migration prend corps dans une société, on place alors le souci commun au-dessus de l’intérêt particulier. Ainsi, la communauté y gagne et tout le monde avec. Mais de nos jours, cela est quasi difficile. C’est donc une interpellation !

La poésie est le canal que vous avez utilisé pour dénoncer la migration au sens premier. Alors, pensez-vous que ce combat pourrait porter du fruit ?

Oui, seule la littérature porte des fruits durables ! Je me base sur le fait que la littérature est la principale source d’inspiration, c’est elle qui inspire, condamne, dénonce. C’est du leurre que de penser qu’on pourrait bâtir une nation uniquement à partir de la technologie. Il faut de l’imagination, et c’est cela la littérature. Personnellement, je suis certain que la littérature a une grande part de responsabilité dans la lutte contre ce phénomène. Elle sera dans son rôle en attirant l’attention sur le problème afin que des actions idoines puissent être posées.

A travers le poème ‘’pas de départ’’, vous mettez l’accent sur l’amour pour la patrie. Comment peut-il être imprimé dans le cœur des jeunes togolais aujourd’hui ?

Les jeunes doivent suivre des exemples. Pour aimer son pays, c’est très simple. C’est aux ainés de manifester cet amour-là pour que la jeune génération s’en inspire.

Qu’avez-vous à dire aux jeunes qui, malgré tout, veulent braver les mises en garde et se lancer dans l’aventure ?

Ah mais… ils n’ont qu’à tenter l’aventure. Quand c’est l’appel du cœur et de la raison c’est qu’il y a un intérêt, en tout cas. C’est peut-être un moyen de se redéfinir…

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Umalis