Politique

La lettre ouverte de Nicolas Lawson aux opposants professionnels du Togo

Le président du PRR, Nicolas Lawson, ne manque jamais de mots pour exprimer ses opinions par rapport à la situation sociopolitique du pays. La verve, il en a à revendre quand il s’agit de faire la pique à ses compagnons de lutte. Il saisit toutes les occasions pour les ramener à l’essentiel. Lecture !

C’est à travers une lettre ouverte dont voici la teneur.

Lomé, le 7 Mai 2017

Aux opposants professionnels du Togo

Lomé – Togo

Objet : Lettre ouverte pour la conscientisation et pour le ressaisissement

Chers compatriotes,

Depuis le déclenchement du mouvement pour la démocratisation de notre société, vous avez confisqué et hypothéqué la volonté populaire. Je vous avais tous vu venir avec vos outrances et vos inconséquences. Vos menées, vos micmacs et vos légèretés ont favorisé des violences inouïes dans le pays et les malheurs de notre peuple. Et pourtant, avant, durant la Conférence nationale souveraine et après, je vous avais mis en garde contre les dangers de la résistance des conservateurs du RPT et du délire des apprentis-sorciers de l’extrémisme. Vous n’avez jamais pris du recul pour avoir une meilleure perspective. Vous avez sans gêne égaré la masse du peuple, en vous abritant derrière des faux messies et derrière vos propres fourberies. Comment n’avez-vous pas réalisé sur plus de 25 ans de collaboration que le Yovovi n’avait aucun attachement et aucune affectivité pour notre patrie et pour notre peuple ? Vous le livrez naturellement en pâture après l’avoir adulé, pour n’en faire qu’un corrompu et un fils à papa, qui a naturellement rejoint l’autre fils à papa pour former le couple infernal qui régente notre pays. Pourquoi m’avez-vous alors tant calomnié et jeté en pâture à la masse du peuple quand je proclamais la vérité sur vos égarements afin d’éclairer le peuple ?

Le temps est le juge de nos actes. Il révèle aussi bien nos magnificences que nos turpitudes. La démocratie consiste-t-elle seulement à s’opposer à un régime arbitraire et hautement criminogène ? N’y a-t-il aucune précaution à prendre pour protéger le peuple quand on est en face des meurtriers, des cyniques et des effrontés ? Pourquoi croyez-vous que marcher, se plaindre auprès d’institutions nationales ou internationales ou s’en prendre aux supposés moins populaires ou plus faibles que soi est un combat pour la démocratie ?

J’ai fait donner à notre pays la constitution de 1980. J’ai participé à fonder la liberté de la presse, la liberté d’association et à l’adoption au Haut Conseil de la République (HCR) du projet de constitution soumis au peuple en 1992. J’ai mis en place la Haute Autorité de l’Audio-visuel et de la Communication (HAAC) sans parler d’autres réalisations, qui sont les fondations de la démocratie. Qu’avez-vous fait en dehors de contester, de marcher, de suivre vos messies ou parrains et de défendre vos intérêts partisans devant la Cour de justice de la CEDEAO ? Pourquoi avez-vous aidé à détruire le bon travail qui a été fait dans le cadre du CPDC rénové pour aller vous affaler de façon burlesque dans les fameux dialogues de TOGO TELECOM I et II ?

Après avoir soutenu à juste titre que vous avez été volés lors de l’élection présidentielle de 2015, vous acceptez que ceux, qui ont volés dans la CENI pour le pouvoir en place, soient nommés ministres et que l’un d’entre eux soit votre principal interlocuteur pour préparer les prochaines fraudes électorales et les nouveaux crimes contre notre peuple. Pourquoi avez-vous accepté de participer à leur CNSD et de vous battre entre vous pour 8 places sur 100 ? Pourquoi acceptez-vous que des fraudeurs et des criminels se servent de vous comme des fantoches ? Pourquoi n’aimez-vous pas que je participe à vos machinations avec le pouvoir ? Pourquoi participez-vous à des farces aussi misérables que le CNSD, le HCCRUN et à la commission des pseudo-intellectuels servant à masquer les nouvelles fraudes en préparation pour 2018 et 2020 ? Vous suffit-il d’avoir quelques millions de FCFA ou de pouvoir voyager à l’étranger avec des frais de mission pour devenir des faquins et des complices d’un pouvoir aussi pervers et fangeux ? Vous êtes devenus malgré vous les obstacles au changement, à l’alternance et à l’instauration d’un pouvoir civilisé et progressiste dans notre pays. La majorité de notre peuple en est convaincue.

Evidemment que la vérité blesse et que vous me détestez de vous la cracher au visage en permanence, alors qu’on vous a habitués à mentir depuis des décennies. Si je n’avais pas démissionné trop tôt de la primature et si on ne nous avait pas séquestrés au HCR, j’aurais aussi mis en place le Conseil Economique et Social prescrit par la constitution dans son TITRE X. Mais cette institution vitale pour le peuple ne vous intéresse pas car vous ne voyez pas comment elle va servir vos intérêts partisans et occultes. Mais le CNSD, organisation à leur guise, vous intéresse car elle peut servir vos ambitions personnelles et partisanes de devenir maires dans un système en putréfaction et dans lequel vous trouvez vos intérêts.

Le seul combat qui vaille aujourd’hui, c’est celui pour la recomposition de la CENI, de la Cour Constitutionnelle et pour la reprise des listes électorales. La faillite, la corruption générale et le désastre économique, social et moral du régime exigent qu’on le dégage. Aussi, si vous persistez à vous égarer dans leurs farces de CNSD, de HCRRUN, de Commission de pseudo-intellectuels ou à vous turlupiner pour des réformes constitutionnelles et institutionnelles à l’Assemblée nationale, le peuple devra, pour son salut, vous combattre avec résolution, en même temps que les prédateurs du régime. Sachez qu’au cœur de la décadence et de la destruction, la naissance et la vie sont irréductiblement présentes. Le PRR est incontestablement la clé du redressement nationale.

Je vous rappelle en conséquence que vos modes de pensées, vos formulations, vos dogmes et vos façons d’agir ne peuvent plus correspondre aux réalités de notre pays ni à celles du temps nouveau. Nous n’allons pas entrer dans l’avenir avec vos proclamations surannées et vos agitations stériles et dévorantes. Sans plan, sans vision, sans stratégie, sans ambition nationale et en improvisation permanente, notre patrie sera vouée à une anarchie ininterrompue et notre peuple à une misère dévastatrice. Nous ne voulons plus de groupuscules sectaires, calomnieux, oiseux et nourrissant les violences congénitales du régime. Le Togo doit se construire dans l’ordre, dans la discipline, dans la justice sociale, dans la vérité et dans l’unité nationale.

Mes chers compatriotes, je vous invite à ne plus vous attaquer légèrement aux forces de défense et de sécurité mais à la minorité criminelle, qui utilise une infirme minorité de ces frères pour réprimer afin de se protéger pour continuer à piller les ressources nationales. Les forces de défense et de sécurité sont une force irremplaçable dont nous avons besoin pour nous protéger contre le terrorisme et assurer notre sécurité. Il s’agira demain de réformer les différents corps, de les moderniser, d’assurer leur cohésion et de restaurer leur prestige. J’en prends l’engagement. Elles seront un levier pour faire de notre patrie la Suisse de l’Afrique ou le Singapour de l’Afrique occidentale. J’ai confiance dans le peuple togolais. Il sera à la hauteur de sa destinée. Je suis persuadé qu’il sera au rendez-vous de la providence et de l’histoire quand je l’appellerai à la mobilisation générale pour le redressement national. Que vos groupuscules se ressaisissent et prennent conscience de la déliquescence en cours dans notre société. Que Dieu vous inspire et protège notre peuple.

Nicolas LAWSON

Président du PRR

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