Finance

Franc CFA : Kako Nubukpo maintient sa position et appelle les États à une prise de conscience

Dans une interview accordée à la rédaction de Financial Afrik, M. Kako Nubukpo, Directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), clarifie sa position par rapport au Franc CFA à quelques heures de l’ouverture de la réunion biannuelle des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales de la zone Franc à Abidjan.

« Pour la zone Franc, je crois qu’on peut parler de servitude monétaire volontaire. Ce sont les gouvernements africains eux-mêmes qui acceptent les règles du jeu monétaire. Et cette acceptation est en fait une soumission volontaire. Je ne partage pas l’analyse de ceux qui pensent que le franc CFA s’inscrit dans une sorte de complot français contre l’Afrique. Les gouvernements de la zone CFA ont un intérêt personnel à rester dans les mains du Trésor français. Les facilités qu’offre cette zone en matière d’importation de biens de consommation, en matière de transfert des capitaux vers le reste du monde, incitent à privilégier une économie réelle extravertie au détriment d’une économie monétaire de production », a-t-il confié lors de son entretien publié sur Financial Afrik.

En effet, l’ancien ministre de la Prospective et de l’Evaluation des Politiques Publiques du Togo reste inflexible dans ses jugements par rapport à la monnaie de son pays. « Il faut en finir avec ce système de change fixe », fustige-t-il. Ce partisan du concept Exit-CFA a réaffirmé que la monnaie a bel et bien un impact très déterminant sur la production via le crédit. Car, a-t-il souligné, la zone Franc est un espace de répression monétaire où le ratio du crédit par rapport au PIB plafonne à 23 %, contre 100 % dans la zone euro et 150 % en Afrique du Sud, le crédit n’est donc pas en mesure d’enclencher la transformation structurelle des économies de la zone CFA.

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