Justice Société

Pour le CACIT, la lutte contre l’impunité passe par la ratification du Statut de Rome

Le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) a rendu public un communiqué dans lequel il exprime son ambition de voir le Togo ratifier le statut de Rome portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI). En effet, pour cette organisation de défense des droits de l’homme, cette démarche va traduire la volonté gouvernement de lutter contre l’impunité.

COMMUNIQUE DU CACIT

« Le jury à la majorité déclare Simone GBAGBO non coupable des crimes qui lui sont reprochés, prononce son acquittement et ordonne qu’elle soit remise immédiatement en liberté si elle n’est retenue pour d’autres cause ». Voici en substance le verdict de la Cour d’assise de la Côte d’Ivoire acquittant l’ex première dame Simone GBAGBO ce 28 mars 2017.

Le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT)  a suivi avec une attention particulière ce procès de crime contre l’humanité conduit par les juridictions nationales ivoiriennes. Les plaintes des avocats des deux parties au procès, ajoutées aux nombreuses réactions négatives après le  verdict confirment  nos doutes quant à la capacité de nos juridictions nationales africaines à conduire en toute indépendance et avec efficacité des procès pour crimes graves.

Certes, des reproches légitimes peuvent être faits à la Cour Pénale Internationale (CPI) quant à son fonctionnement. Il est vrai que des améliorations doivent y être encore apportées pour que cette cour rencontre plus d’adhésion. Mais, à ce jour, elle est une alternative sérieuse pour la bataille contre l’impunité en Afrique. La paix, la sécurité et le bien-être de nos populations en dépendent fortement.

124 Etats au monde dont 34 africains ont ratifié le Statut de Rome portant création de cette Cour et ont manifesté ainsi leur volonté de mettre fin à l’impunité. Cependant notre pays n’en est pas partie.

Nous pensons qu’il est impératif pour notre pays de ratifier ce traité tel que ressorti dans les recommandations lors du second passage du Togo à l’Examen Périodique Universel. Ceci irait dans la droite ligne des efforts déjà consentis par le gouvernement depuis ces dernières années pour lutter contre l’impunité notamment en matière de crimes économiques par la mise en place de la Haute autorité de lutte contre la corruption.

Rappelons-nous de la célèbre phrase du Président de la République au lendemain des violences politiques de 2005. « Plus jamais ça sur la terre de nos aïeux » a-t-il déclaré. Même si nous continuons de plaider pour que les juridictions nationales togolaises disent effectivement le droit en poursuivant les auteurs de violations des droits de l’Homme, la ratification du Statut de Rome par le Togo viendra confirmer la volonté exprimée par le Chef de l’Etat de mettre fin à l’impunité au Togo.

Fait à Lomé, le 31 mars 2017

Spero Kodzo MAHOULE

Président du CACIT

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